Alors qu’il était un jeune soldat peu convaincu par le bien-fondé de cette guerre, Arno Ixks sauva la vie de son caporal, un dénommé Adolf Hitler, sur le champ de bataille d’Ypres en 1918. 20 ans plus tard, alors que les forces allemandes commencent à faire la loi dans les rues de sa ville, Vienne, des membres de la Gestapo font irruption dans l’appartement de celui qui est devenu un célèbre archéologue et paléontologue et l’emmènent sur le champ voir le führer. Celui-ci lui ordonne alors de participer à une expédition de l’Ahnenerbe dans l’Himalaya afin de retrouver les traces de l’Agartha, ce continent disparu peuplé d’ »enfants des étoiles », premiers Aryens dont le peuple allemand descendrait selon le régime nazi ! Et prend bien soin de lui montrer une liste de ses proches et amis au cas où l’idée de refuser lui viendrait à l’esprit…

Comme à son habitude, pour cette nouvelle série ensemble, le binôme Cothias/Ordas a bâti son scénario sur des bases historiques solides et parfaitement documentées : il n’y a qu’à regarder la précision de la reconstitution de cette période (uniformes, véhicules, architecture) par Bob Zanat, ici sobre et efficace, pour s’en convaincre. Le cœur de l’intrigue, cette expédition de l’Ahnenerbe au Népal, est bien sûr tout à fait avérée aussi ! Cet angle original choisi par les auteurs pour traiter du régime nazi fait d’ailleurs tout l’intérêt de « L’œil des dobermans » car il a été rarement abordé dans les œuvres (pourtant particulièrement nombreuses) portant sur cette période.

En fait, on oublie souvent que la doctrine nazie se fondait notamment sur une mystique teutonique délirante élaborée en grande partie par Himmler mais complètement partagée par Hitler qui entendait légitimer scientifiquement ses théories sur l’origine divine de la supériorité de la race aryenne. Voilà pourquoi il fonda l’Ahnenerbe, Société pour la Recherche et l’Enseignement sur l’Héritage Ancestral en 1935, qui compta tout de même 137 savants et 82 techniciens à son apogée. Son but ? Prouver les influences germaniques dans le monde au travers d’expéditions pseudo-scientifiques (au Moyen-Orient pour mettre en avant une lecture pro-germanique des succès de l’empire romain ou au Népal pour retrouver la trace des premiers Aryens arrivés de la constellation du Taureau il y a des millions d’années…). Mais aussi mettre la main sur des armes légendaires, comme par exemple le marteau de Thor, qui donneraient à Hitler un pouvoir quasi divin.

Un angle orignal qui donne envie de connaître la suite de la série malgré quelques choix dispensables voire malheureux. Les auteurs avaient-ils vraiment besoin d’ajouter une dimension ésotérique (un peu trop à la mode à mon goût en ce moment), avec ce don de médium d’Ixks, ou de donner une allure si sexy à l’agent féminin SS chargé d’être le chaperon du héros, pour tenir le lecteur en haleine ?

 

(BD – grand angle)