Parmi les groupes qui font l’unanimité au sein de l’équipe positiverage, il y a Black Heart Procession. Et c’est facilement compréhensible tant le folk mélancolique de ce groupe nous enchante depuis la sortie de leur premier album en 1998. Un piano tristounet, une scie musicale, des paroles très second degré qui parlent d’amour impossible ou d’amants à jamais séparés, une guitare acoustique et le chant si particulier et touchant de Pall Jenkins : voilà les ingrédients qui ont fait de leurs premiers disques des opus magnifiques. Puis est arrivé “Amore Del Tropico”, 4ème album mais premier à porter un titre. Cela annonçait quelque chose. Non pas une révolution mais plutôt un tournant et la suite de l’exploration des possibilités offertes par cette musique. Et c’est aussi pour cela que l’on aime ce groupe : parce qu’il ne se complait pas dans la facilité et ne se contente pas de toujours appliquer la même recette. Leur nouvel album “The Spell” suit la dynamique initiée par son prédécesseur. Bien sûr, on retrouve avec “Not Just Words” ou le très beau “The Letter”, avec leur spleen élégant, des classiques du groupe qu’il nous semble connaître depuis longtemps. Mais sur d’autres morceaux, la guitare a des envies d’électricité, le tempo est plus enlevé, la batterie plus dynamique et l’ambiance moins intimiste. Bref, le ton y est plus rock. En témoignent les très inspirés “Gps” et son rythme surprenant, “The Fix” et sa guitare inventive ou “Tangled” qui ouvre l’album. Quels que soient les instruments utilisés ou les options choisies, il y a une constante chez The Black Heart Procession : le talent.
A l’image de Fugazi avec “The Argument”, le groupe poursuit avec “The Spell” son parcours sans faute. Il garde ce qui fait sa marque de fabrique, et notamment sa capacité à émouvoir, tout en laissant la liberté à sa musique d’évoluer (le violon est par exemple désormais présent sur presque tous les morceaux) à son gré, pour continuer à surprendre. La classe !

(Album – touch and go)