Titre croustillant. Superbe pochette. Vous avez remarqué ? Chez MOGWAI, la qualité du contenu musical est proportionnelle à celle de l’artwork. Si si… Je ne sais pas si les photos d’Antony Crook les ont particulièrement inspirés mais disons- le de suite, les écossais nous ont servi un très bon cru ce coup-ci. Comme si les cinq gars de Glasgow avaient mis du Red Bull dans leur whisky. Peut-être que leur arrivée dans la maison Sub Pop Records les a aussi boostés ? Des titres electro-rock ‘dansants’ comme ‘Mexican Grand Prix’ et ‘George Square Thatcher Death Party’ avec des parties vocales apportent beaucoup de fraîcheur. De par leurs points d’accroche immédiate, ils cassent le cadre systématique dans lequel le groupe peut parfois s’enfermer. Plus classiques et mélancoliques, il y a les titres taillés pour figurer en bande sonore dans les sujets de Stade 2. Composés au piano, l’introductif ‘White Noise’ illumine brillamment l’entrée des artistes tandis que ‘Death Rays’ et ‘Letters to the Metro’, sans être mauvais, sentent un peu le réchauffé. Dans une troisième catégorie qui a toutes mes faveurs, il y a les compositions aux multi-couches guitaristiques qui devraient bien péter live. ‘Rano Pano’ et ‘San Pedro’ sont mélodiques et puissantes. Elles mettent superbement en valeur la force de leur savoir-faire. Intelligence, sens du détails et de l’éfficacité, concision. D’autres morceaux ne sont pas en reste comme les très bons ‘How to be a Werewolf’ et ‘Too Raging to Cheers’, ce dernier lorgnant un peu du côté de leurs compatriotes de BOARDS OF CANADA. Et que dire du final sensationnel de gravité et de beauté qu’est ‘You’re Lionel Richie’ ? Quand MOGWAI sait, lui-seul, atteindre ce type de sommets. Car si le groupe n’hésite pas à utiliser de plus en plus d’éléments électroniques, il sonne toujours comme nul autre. Unique est sa vision artistique des espaces sonores, des textures et des émotions qu’ils arrivent à générer. Pas étonnant que cette formation soit LA référence en matière de post-rock si tant est qu’on puisse leur coller une étiquette. Quel autre groupe instrumental peut aujourd’hui allier la dérision (le choix des titres), la finesse et la sensibilité pour des tableaux sonores souvent emprunts de grâce ? Et avec ça, sans se prendre la tête, ils ont décidé de retravailler en toute simplicité avec Paul Savage qui, rappelons-le, s’était mis aux manettes pour produire ‘Young Team’, leur tout premier album. Vous savez ce qu’on dit des équipes qui gagnent… MOGWAI will never die but we will! Procurez-vous la version avec l’excellente pièce de 23 minutes ‘Music for a Forgotten Future’ que les écossais avaient spécialement composée pour une oeuvre d’art moderne en Allemagne signée Douglas Gordon et Olaf Nicolai. Indispensable !

(Album – Rock Action/Sub Pop)