Voilà ce que la pop pouvait nous proposer de mieux. Avec ce premier album, ce groupe de Caroline du Nord reprend les choses là où certains les avaient laissées depuis plus de vingt ans. Car si le son et les compositions de cet album restent bien en phase avec notre époque, les mélodies, vocales ou instrumentales, rappellent étrangement Simon & Garfunkel (les voix), les premiers Pink Floyd, ou les morceaux pop du Velvet. Et l’affiliation avec ces trois groupes semble évidente (pas besoin d’attendre de lire la bio pour s’en rendre compte). Cependant, The Kingsbury Manx, s’ils n’essaient en rien de révolutionner l’histoire de la musique, ne font nullement figure de groupe has-been ou retro. Pas de formole ici. Leur pop possède la richesse et la poésie des formations d’autrefois mais garde toute la modernité de la scène indie US actuelle. Je pense qu’ils ne devaient pas rougir devant le public d’Elliot Smith (tournée US) ou de Calexico (dernièrement en France). Bref, voilà un groupe comme on les aime, qui s’installe là sans qu’on y prenne garde, et qui, derrière ses airs d’enfant discret et évaporé, nous pond l’un des albums pop les plus réussis de ces derniers mois… Tout simplement beau.

(Album – City Slang)