Tout le monde se souvient du premier album de Snårk qui avait placé Axel Monneau, son créateur discret, en apprenti surdoué de la scène underground electro-bricolo-inventif. La presse spécialisée était unanime : les comparaisons avec Aphex Twin, Steve Reich ou même Lou Barlow s’inscrivaient sur toutes les pages des canards à tendance pop. Aujourd’hui, avec ce sublime Angström (nom insistant sur le changement d’orthographe de Snårk, qui, suite à des problèmes de droits, s’écrit dorénavant avec un petit rond sur le « A », soit un « Angström »), Axel s’ouvre à d’autres horizons. Plus que ça, il plonge entièrement dans une mer d’émotions nettement plus joyeuses qu’autrefois. Certes, techniquement, le multi-instrumentiste est passé du petit huit pistes à un plus confortable 16 pistes, mais c’est l’approche toute entière qui semble avoir changé. Si le disque s’inscrit toujours dans un schéma de musique répétitive (le monsieur ne semble pas avoir oublié ses disques de Steve Reich), le résultat final vous entraîne véritablement vers les pistes de danse survoltées. Comme nous le montre la pochette, l’univers de Snårk se colorise, les émotions se libèrent, et la mélancolie n’a plus qu’à rester au placard. Et ce n’est pas les succulentes voix féminines de ses invitées (Natasha Herzock, Starsailor et Marie D.) qui viendront nous contredire. Définitivement plus accessible (malgré une trame répétitive peut-être trop marquée), le nouveau monde du Parisien est jonché de Chuppa-Choops, de Fraises Tagada, de fleurs en caoutchouc et d’arcs-en-ciel psychédéliques (peut-être l’influence de Pink Floyd que certains pourront déceler dans ce nouvel opus) ; tout cela reste dans un bon goût parfait, largement à la hauteur de ses précédents travaux. La maturité absolue et le tube interplanétaire ne sont plus très loin.

(Album – tout l’univers)