Si le premier album des nantais, sorti en 2006, montrait de bonnes capacités, Fordamage restait un peu à l’arrière du train, laissant le rôle de locomotive aux collègues de Papier Tigre… Avec ce second album, le quatuor a décidé de revenir sur le devant de la scène. Plus question d’attendre derrière. Le son s’est étoffé, et les compos possèdent dorénavant une force à peine décelée la dernière fois. Les guitares se titillent, se tournent autour, se répondent, se percutent… Le ballet est beau à voir. On y croise autant le touché de Fugazi, l’urgence des Chinese Stars, les rythmiques de The Ex, que certaines gammes africaines. Et si les chants savent laisser la place à une musique déjà bien remplie, ils prennent tout de même leur essor par rapport au premier essai. Le chant principal rappel indéniablement celui de The Ex à plus d’une occasion. C’est parfois perturbant, mais on ne peut nier que ça fonctionne. D’autant plus que la voix d’Amélie amène une belle complémentarité. Du côté rythmique, on pousse pour gonfler les compos. Grosse force de frappe façon noise de Chicago ! Rien à redire.

En 10 titres, et guère plus de 30 minutes, Fordamage impose son style. Plus complexe, plus fin aussi, et pourtant plus efficace qu’autrefois. Les alternances de déferlantes sonores héritée d’une culture noise-rock, et de respirations d’inspiration africaine, sont une sacrée réussite qui marque vraiment ce « Belgian Tango ». Et le pire, c’est qu’on sent qu’ils en ont encore sous le pied ! Vivement le troisième album

(Album – kythibong)