Quand on a la difficile tâche de chroniquer un album, deux choix s’offrent à nous. Le premier est d’essayer de juger objectivement (faut-il que cela soit possible) de la qualité de ce dernier : savoir s’il est bien composé, bien joué, s’il raconte quelque chose, etc. Et la seconde est de répondre à ces mêmes questions de manière totalement subjective, selon ses goûts, ses connaissances, son histoire.

Selon la première méthode, j’aurais tendance à répondre que le trio Tormenta formé de Vincent Beysselance (batterie et polyrythmie / Cheval de Frise), Jeff Grimal (guitare / Let Jesus Bleed), et Esteban Rodière (qui a quitté le groupe depuis) a pondu (le disque est sorti en février) un album qui en impose méchamment. Enorme niveau technique et gros son à l’honneur. Nous sommes en face d’un mélange personnel de metal progressif et de mathrock épique qui ferait passer le premier album de Don Cabalerro pour un essai pop-punk adolescent. C’est sûr, le duo bordelais est allé au bout de son idée, blah blah blah, maîtrise et maturité, blah blah blah…

Malheureusement, selon la seconde méthode (ma préférée, vous vous en doutez), cette débauche de virilité technique, cet amour du metal et ce tourbillon lyrique rappelant les formations prog, ont tendance à m’échauffer rapidement. Les touches noise et le savoir-faire n’y changeront malheureusement pas grand chose. Tous ces metalleux ont beau avoir troqué leur collant contre une barbe et des tattos, ça n’a jamais été ma came. Alors cette « ligne âpre » à beau dissimuler quelques excellents passages, l’ensemble m’épuise. Trop bavard, BEAUCOUP trop metal, trop long, tout simplement trop… désolé, cet album a beau en imposer gravement, il m’étouffe et me donne juste envie de ré-écouter un bon vieux disque de punk-rock… Souvenez-vous, un de ces disques simples qui balaya d’un revers insolent les prises de tête progressives à la fin des années 70 ! Ah, le bon temps !

(Album – Africantape)