Les deux premiers albums de ce groupe néo-zélandais, passés malheureusement bien inaperçus dans notre pays, contenaient déjà toutes les qualités requises pour rester en bonne place dans notre discothèque. Le trio dont le nom morbide sonne étrangement comme un refrain pop apportait alors une fraicheur étonnante avec son post-punk aux relents noise. Abrasif, cinglant, et citant Big Black en influence, le groupe avait de quoi nous exciter. Et il faut bien avouer que cette envie d’en découdre toute en tension mêlée à cette énergie punk possédait ce je-ne-sais-quoi d’addictif. A plus d’un titre, Die! Die! Die reprenait ainsi une place laissé vaquante par Unwound.
C’est donc avec enthousiasme que je me suis plongé dans ce troisième album, qui précède leur venue en France. Et même si le groupe a indéniablement mis de l’eau dans son vin, en flirtant largement avec un inde rock à tendance new-wave, je suis heureux de retrouver ce timbre de voix mêlant tension et mélodies. Le trio joue d’ailleurs plus franchement la carte mélodique, espérant sans aucun doute ouvrir son répertoire à un public plus large. Dorénavant il délaisse ses penchants noise et son agitation juvénile au profit d’une personnalité plus présentable. Impossible de ne pas regretter, de fait, le caractère plus tranchant des premiers albums, définitivement plus convaincants. Certains risquent même de rester à la porte de cette nouvelle galette. Pourtant, une fois la déception passée, cet album s’écoute agréablement. On y retrouve cette même alchimie sucrée-salée, cette ambiguïté mélodique, et par bien des aspects, c’est dorénavant les premiers albums de …And You Will Know By The Trail Of Dead que nous rappellent les Néo-Zélandais. Avec peut-être moins d’intensité, moins de créativité, mais « form » reste un album sympathique, avec ses nombreux tubes et ses refrains accrocheurs. Pas si mal pour accueillir l’été.
[mg]

(Album – Golden Antenna)