Leur nom serait-il un clin d’œil à Marylin Manson ? La belle et le guerrier version Hollywood ? Pas sûr. Heureusement la comparaison s’arrête au patronyme. Eux sont français et jouent en duo guitare-batterie. Ils nous proposent, vous l’aviez sans doute deviné, un math-rock instrumental et technique. Mais contrairement à beaucoup de confrères psychorigides, MR s’attaque au style en version relevée. Pas de pause ici pour vérifier le serrage des vis. Ça avance pied au planché, sans regarder dans le rétro. Et tant pis pour les boulons qui sautent. Du coup, si le groupe atteint des sommets à plusieurs reprises, il sait aussi nous labourer le crane à en être pénible. Problème récurent dans ce style où les notes et les riffs s’enchainent plus vites que les bonnes idées et les histoires. Parfois, le groupe se fait donc bavard sans réel utilité, ne s’adressant qu’aux aficionados du genre. Mais quand le duo resserre un peu la donne, il en sort aussi de véritables moments de plaisir. La piste 4 et la 8 donnent envie d’en reprendre. L’ensemble s’éclaircit donnant du relief aux compos et montrant tout le talent de ce duo opérant aussi dans Parpaing. Dans le genre on a sans doute vu mieux, mais on a surtout vu pire. Ceux-là savent se faire plaisir, sans arrière pensée, et quand ils arrivent à nous emmener avec eux, c’est un grand moment de bonheur.

(Album – et mon cul c’est du tofu)