Il le savait pourtant, Antonio, qu’accepter ces vignes italiennes en héritage ne lui apporterait que des ennuis. Mais la tentation était trop forte…Et maintenant que c’est fait autant aller jusqu’au bout du plan diabolique orchestré par Dario avant qu’il ne soit tué d’une balle dans la tête. En espérant que le cortège de la fête du Gonfalone n’avance pas trop vite et que l’aveugle joue son rôle à la perfection…

Suite et fin de ce diptyque avec cette deuxième partie qui tient toutes ses promesses. Car si le stratagème de Dario va bien fonctionner, Antonio va ensuite devoir gérer tout un tas de conséquences qu’il n’avait pas vraiment prévues : l’animosité des villageois (une clause de l’héritage stipule qu’à la mort d’Antonio les vignes reviendront au village…), le retour du « new-yorkais » Parini qui avait vendu un hectare de la vigne à Dario avant le « miracle » et entend bien combler ce manque à gagner ou l’arrivée du banquier du Vatican venu lui proposer un contrat difficile à refuser…

Un polar aux petits oignons de Benacquista sur fond d’avidité (ah quand il y a de l’argent en jeu…) et de miracle, tendu et étonnant jusqu’au bout (à part le happy end…), que Berlion adapte ici avec talent en proposant un découpage fluide, un sens du rythme indéniable et un dessin semi-réaliste sombre (le trait est parfois épais et l’utilisation d’à-plats de noirs réguliers) complètement en osmose avec le propos. De la belle ouvrage !

(BD – Dargaud)