Titi-Nefer et Ptahmoses ont enfin réussi à localiser l’endroit où se trouve la dépouille du Grand criminel Akhenaton et le sage immortel Amenhotep Hapou va, comme promis, leur raconter la véritable histoire de la vengeance du prêtre Osarseph et la chute du Royaume de Kemi. Pendant ce temps-là, kiki- Nefer tente toujours de déjouer le complot ourdi par la reine Maya et le ministre Penhévi qui vise à tuer le Dieu pharaon Ramsés III pour s’emparer du pouvoir…

Difficile de résumer une intrigue aussi dense et tentaculaire que celle des « Princesses égyptiennes » en quelques lignes ! Grand amateur d’histoires, Igor Baranko a en effet ici opté pour une narration à tiroirs, façon poupées russes (ou ukrainiennes…), avec des récits qui s’imbriquent les uns dans les autres et des conteurs différents qui viennent successivement éclairer le lecteur sur la destinée des divers protagonistes. Ainsi nous seront révélés la cause de la chute du Royaume de Kemi, les vraies motivations de Ptahmoses, le destin exceptionnel de Titi-Nefer, la personnalité mystique d’Akhenaton ou pourquoi le sage Amenhotep Hapou est revenu d’entre les morts.

Une plongée dans l’Egypte ancienne complexe et touffu certes (il n’est pas toujours évident de s’y retrouver entre les nombreux personnages, Dieux ou courants religieux et le récit est tout de même un peu trop bavard) mais dont les intrigues dans les rangs du clergé et les travées du pouvoir fascinent. Des complots et autres manipulations (les prêtres pouvaient aisément « fabriquer » certaines croyances ou superstitions pour mieux asseoir leur puissance) d’autant plus crédibles que le dessin de Baranko, techniquement impressionnant (certains dessins de temples sont de petites merveilles), restitue avec une acuité surprenante décors d’époque, faciès, habits, tombes ou encore bijoux. Une fresque (le diptyque s’étale sur plus de 200 ans) épique et exaltée, menée tambour battant, pas facile d’accès, on l’a dit, mais tout à fait singulière.

 

(BD – les humanoïdes associés)