New-York, mai 1998. 6 mois après le terrible attentat dans lequel ont péri 508 personnes, toutes membres du lobby qui a œuvré à l’élection de la démocrate Jessica Ruppert au poste de maire, Joshua Logan, l’homme le plus recherché de tout le pays, a décidé de se rendre à la police afin de prouver son innocence. Il entend en effet démontrer que c’est en fait un incroyable complot, orchestré par Steven Providence, célèbre boxeur noir, qui a permis la victoire de Ruppert et que lui n’a été qu’un pion manipulé sur cet échiquier…

« Car l’enfer est ici » est en fait la suite du « Pouvoir des innocents », série remarquée (en 5 tomes sortis à partir de 1989) déjà signée Brunschwig et Hirn chez Delcourt. Une suite dont l’action commence 6 mois après (alors que « Les enfants de Jessica », l’autre suite débutée en mai dernier, toujours avec le même duo d’auteurs aux manettes mais sans Nouaud, se déroule quant à elle en 2007, 10 ans après).

Brunschwig et Hirn y mêlent une nouvelle fois avec brio thriller et politique pour mieux explorer les dessous de l’Histoire récente des Etats-Unis. Mystère entourant le personnage de Logan, révélations chocs (d’après Logan c’est bel et bien la mafia, par l’entremise de Frazzy, qui aurait permis l’ascension de Ruppert), parfum de scandale, un avocat, celui de Logan, passé à tabac et débat autour de la peine de mort qui s’invite au beau milieu de tout cet imbroglio : la mise en scène nerveuse des 2 auteurs, très au fait du fonctionnement des institutions américaines, fait feu de tous bois pour rendre cet épisode d’ouverture addictif au possible. Difficile dans ces conditions pour le lecteur de résister d’autant que le dessin semi-réaliste de Nouaud, bien en place, est clairement au diapason. Un premier tome très réussi.

(BD –futuropolis)