Quoi de plus réconfortant que de voir ces lyonnais toujours aussi « affamés » pour leur troisième album ? Car ces vétérans ont beau avoir eu du mal à retrouver la sublime de leur précédent projet (Deity Guns et Bästard, faut-il le rappeler ?), ils arrivent en trois albums à trouver une réelle ligne de conduite, une véritable identité, digne des plus grands. Zëro lâche définitivement la bride et gagne en cohésion (avec un album pourtant éclectique). Zéro contrainte, zéro nostalgie. Car si ce ‘Hungry Dogs’ reprend les choses là où le groupe les avait laissées avec ‘Dead Machine’, on sent aujourd’hui une agilité et un laissé-aller qui font plaisir à entendre. C’est du chant mélodieux sur « hackin’around » ou « the trap », et carrément rock’n’roll sur « cracker’s ballroom » ; c’est une énergie décomplexée, et des rythmes qui s’emballent… Et pourtant, derrière cette apparente liberté, les lyonnais gardent cette touche si particulière qui ne peut que rappeler les années Bästard à ceux qui les ont connues. Ces ambiances rampantes et pénétrantes, ces ruptures brutales… On ne change pas. Alors le groupe a beau ne plus faire partie des précurseurs, on les sent libres et habités, et ça nous parle (ce que j’aime voir ces gars là faire du rock’n’roll !!!). Impossible de résister à ce nouvel opus. Aucun faux pas, une tension retrouvée, une énergie galvanisée, et un troisième album qui s’impose.

(album – ici d’ailleurs)

Fast Car – Hungry Dogs (in the backyard) by zëro