Voilà quelques temps qu’est sorti ce live à Bombay, mais il était important de revenir dessus. Ce ne sera donc pas à Pompeï, mais à Bombay que le groupe aura décidé de placer ce faux live (puisque enregistré en studio à Sartrouville). Ainsi soit-il. Le trio qui comprend Ben de Shub (batterie), Aurélie de Schoolbus Driver (basse) et Francine « Massacre » de Warehouse (clavier), ne se limite pas à notre logique. Pour preuve, ces textes, fournis avec le vinyle, alors que la musique du Cobra est entièrement instrumentale (en fait il y bien une raison puisque Jonn Toad devait chanter à l’origine, mais la vie étant mal faite, le Cobra est resté instrumental… et personne ne s’en plaindra). Bref, je pourrais encore causer de la pochette que je trouve plutôt moche,  et de son cheval qui va mourir à la fin du disque, mais je me suis déjà assez attardé. Mettons donc ce 10 pouces N°52/300 sur la platine.

Je commence par galèrer pour trouver la bonne vitesse. Luxe ultime, le disque passe aussi bien en 45t (version cocaïne) qu’en 33t (version LSD). Bon, sachant que Ben ne passerait pas des breaks de batterie à la vitesse improbable que propose la version 45t, je comprends que le disque doit s’écouter en 33t.

Et là, c’est parti. Le trio nous balance sa formule d’une efficacité improbable. Car ce petit bout de vinyle nous propose un voyage rétro-futuriste du plus bel effet. On est d’entrée captivé par ce basse-batterie répétitif et dynamique, autant que par ce clavier seventies qui survole et guide l’ensemble. Shellac d’un côté (la basse) et John Carpenter de l’autre (le clavier flippant). Grand écart improbable mais incroyablement réussi. Desicobra arrive à pondre une musique instrumentale pleine de vie et d’histoires. Pas chiante pour un sous grâce à ses rythmiques suractives. Le groupe sait même se faire foncièrement rock quand il le veut. Mais son univers est plus acide. Tour à tour progressif (mais loin d’être chiant), post-punk ou carrément krautrock (neu!), le trio construit sa transe sans se soucier des catégories. Et, vu la virtuosité de la kikette derrière le clavier, on ne peut qu’oublier le cheval de la pochette et foncer prendre les mêmes drogues qu’eux à Bombay.

(10′ – et mon cul c’est du tofu / rejuvenation)

Chimie :

Pompier: