Des stars de Hollywood qui défraient la chronique par leurs frasques ; une femme alcoolique, Rachel Maddox, tenue en laisse par l’argent de son mari, qui rumine sa vengeance ; la mafia russe qui doit trouver un nouveau business pour blanchir son argent sale ; la brigade criminelle du LAPD, avec à sa tête le détective Roy Devine, qui enquête sur un rapprochement entre la bande à Razov et la Cosa Nostra de la côte ouest de Don Luciano ; des petites frappes, dealers en gros, qui se verraient bien devenir les rois de la jungle : voilà le monde de « Blue Estate », cocktail explosif qui voit Hollywood dangereusement frayer avec la pègre locale…

Violence, montagnes de coke, bad boys, petits voyous qui se croient de taille pour rivaliser avec les caïds, strip-teaseuses sexys, flics incorruptibles prêts à aller au bout de leur mission : Viktor Kalvachev n’a oublié aucun des ingrédients du genre dans sa relecture hommage du polar hard-boiled.

Mais si le canevas n’est pas des plus originaux (à l’instar de sa couverture aguicheuse), ce tome 1 s’avère néanmoins accrocheur. Car prenant la forme du récit choral, il présente, dans un style convaincant -la narration est hyper rythmée, le découpage surprenant et le dessin nerveux- les différentes pièces d’un puzzle amenées à s’assembler progressivement pour composer un tableau final (glauque et sombre à souhait, on le pressent) que l’on a, du coup, bien envie de découvrir. D’autant que le label Hostile Holster (à qui l’on doit déjà le très bon diptyque « We Are The Night ») sait y faire pour emballer ses séries dans des écrins soignés.

(BD –Ankama)