Ceux là ont beau essayer de m’acheter en incorporant des photos de Kimmo sur l’insert du disque*, je vais m’efforcer d’être honnête et ne pas me faire corrompre si facilement ! 204 grammes, c’est donc le poids du premier album vinyle que vient de sortir ce trio de copains parisiens. Et grâce à ces 204 grammes, tous les amateurs d’indie relevé, de noisy-pop tendue ou d’emo cuvée 90’s devraient à nouveau retrouver des couleurs. Car Fatabo nage à contre-courant et se moque bien des tendances actuelles. Dès le premier morceau (« Comment »), tube en puissance déjà présent sur leur démo, certains souvenirs refont surface… de cette époque où les mélodies gardaient toute leur noblesse, tandis que les refrains se reprenaient en cœur… de cette époque où le punk et la pop s’acoquinaient, que la saturation ne se poussait pas trop forte et que les chants avaient tous les honneurs… C’est avec cet esprit perdu que renoue le trio. Loin des guitares trop musclées, et des gueulantes viriles, c’est bien du côté d’un Fugazi, d’un Van Pelt, d’un Reiziger ou même d’un Pixies qu’il faudra chercher. Leurs coups de savate punky, comme sur « High Fidelity », sont de petites perles nerveuses, tandis que la beauté d’un « Red Car » devrait faire succomber les plus mélancoliques. Avec le début de « Fine Words », ce sont bien les slows de Fugazi qui reviennent à l’esprit, groupe auquel on pense aussi sur « Three Weeks Before Leaving ».  Enfin, le très bon « Darren », qui reprend le nom donné au label qu’ils ont créé pour l’occasion (DIY quand tu nous tiens), ouvre l’album sur d’autres couleurs tout aussi accueillantes.

Mais ne vous y méprenez pas. Si le groupe sait à merveille magner les mélodies, il ne nous livre pas un monument sans faille. Bien au contraire. Avec ce premier album, le groupe semble plutôt s’attarder sur une certaine sincérité émotionnelle, quitte à laisser transparaître sa fragilité. Dans le même sens, la production (Chaudelande) reste très brute, sans chichis. Encore une preuve que derrière ses relents pop, Fatabo reste bien une formation punk, simple et sincère. Et c’est sans doute pour ça qu’on les aime. Emo rules !

*photos tirées de la tournée que nous avons partagée ensemble en 2010

(LP – daren)