Formé sur les cendres de Smart Went Crazy, Faraquet avait ouvert une brèche dans le son Dischord avec une approche très math-rock du DC style. Malheureusement, le groupe n’a pas survécu à son premier album. Alors quel plaisir de retrouver Chad Molter et Devin Ocampo dans Medication (accompagné de Andrew Becker). D’autant plus quand le groupe arrive à nous pondre un album aussi séduisant. Presque accessible pour les non initiés, Medication s’ouvre à une écriture fine et sensible, toujours attentive à la mélodie. Cet endroit dans lequel vous retrouverez tous vos amis favoris est parsemé d’ampli à lampes, ceux qui ronronnent, plutôt que de cracher à tous va ; on y trinque le bon vin plutôt que la bière, et on ne serra pas surpris de retrouver quelques disques pop voire 70’s ici ou là. On connaît la culture punk mais on ne joue pas avec les clichés. Medication rejoint le rang des bons élèves, techniquement doués et visuellement présentables, de Shudder To Think à Severin, en passant bien évidemment par Faraquet. Et pourtant, le trio n’ennuie pas, même s’il ne joue pas la carte du tube facile à retenir. Il travaille l’arpège et le son quasi-clair, mais ne rend l’ambiance ni froide ni pesante. Leur indie fait chalouper plutôt que sauter en l’air. Le groupe sait garder l’auditeur en haleine, avec un touché caractéristique du label Dischord dernière génération. Les montées en puissance sont fines mais présentes. On ressent le charisme de leurs précédents groupes.
Laissez vous tenter, ne vous arrêtez pas au chant parfois bien étiré, et laissez vous submerger par ce que ces messieurs ont à dire même si cela peu manquer parfois de repères… car si la Vue de la Tour* préconisée par Faraquet possédait un charme certain, cette place où nous retrouvons tous nos amis favoris n’est pas en reste. Fortement séduisante.

* The View From This Tower, premier et unique album de Faraquet (Dischord)

(Album – Dischord)