On profite de cette nouvelle année pour rattraper un peu notre retard. Ces disques ont bien été reçu en 2011, mais nous n’avons pas encore trouvé le temps d’en parler. Retour rapide sur ces disques oubliés !

JOE 4 « enola gay » (whosbrain) : Le label Whosbrain est allé dégotter ce groupe croate clairement influencé par la noise rock de Shellac et autres adeptes du Chicago sounds. Guitares à angle droit, vocaux crispés, basse monomaniaque. Rien de neuf sous le soleil, mais Joe 4 le fait mieux que d’autres et avec conviction. Pas mal du tout.

SELF-EVIDENT « endings » (double plus good) : Voilà un groupe de Minneapolis qui se rapproche plus des derniers groupes du label Dischord (Medication en tête) que des gloires locales du label d’Amrep.  Leur indie-pop n’avance jamais vraiment droite, ça tricote, avec beaucoup d’arpèges et de belles harmonies. Un basse-batterie rond, une guitare crystalline et même quelques sauts d’humeur intéressants… Self-Evident renoue avec l’indie complexe de Medication (ou Karate). Ça manque sans doute de simplicité, mais ça fonctionne (à condition d’avoir son diplôme en mathématique lyrique bien entendu).

PEGAZIO / SUBCITY STORIES « 3+3=8 » (kicking / not a pub) : Pegazio, c’est le nouveau groupe de deux Headcases et du bassiste de Microfilm. Leur terrain de jeu semble être le stoner (surtout celui de Queen of the Stoneage) et le grunge. Les gars ne le font pas trop mal, mais ça ne me touche pas particulièrement. Et j’ai quand même du mal avec les envolées lyriques du chant très en avant. Il en va de même pour Subcity Stories et son post-hardcore qui flirte avec l’emo-pop de label comme Deep Elm. Voix aiguë et émotions « fleur bleue » affrontent donc des gueulantes post-hardcore. C’est carré, bien foutu, mais dès le début, on n’est pas trop sur la même longueur d’onde (surtout avec le premier titre vraiment irritant). Dommage.

ELIOTE AND THE RITOURNELLES « st » (autoproduit) : De la belle folk tout en délicatesse. Dépouillée, mais réussie. Que cela soit elle ou eux (ils sont trois) qui chantent, les voix sont belles et les chansons tiennent assez habilement la route. Avis aux amateurs de bons sentiments.

ZALEM « otiyua » (grammatical records) : Ce double CD impressionne déjà par sa très belle pochette cartonnée, digne des productions du label Constellation. Côté musique, on navigue évidemment dans un post-rock assez classique mais plutôt bien fait. C’est beau et assez chiadé, avec quelques parties noisy plutôt efficaces. Les amateurs du genre devraient apprécier.

THE JUMPIN’QUAILS « bishop in tea shops » (sounday) : Deuxième album pour ce trio italien coincé entre les années 60 et les années 80. Le résultat est assez éclectique même s’il reste dans des mélodies toujours accessibles. Il y a aussi bien du Animals (version post-punk lo-fi), du Stranglers devenus gentils (Than Today, One Night Stand…), du djerk (Watch Out!) ou même un écart psycho (Pattie et son chant en français – pas leur meilleur titre). C’est un peu le grand bazar, mais dans l’ensemble les mélodies bien senties, le savoir-faire et cette impression de se faire plaisir permettent à ce disque d’être assez agréable.

MYSTIC MOTORCYCLES « rock&roll died in Paris / Dress to impress » (autoproduction) : Pop-punk tendance glam comme on n’en fait plus ! Sur ce coffret deux albums, le groupe nous livre une musique pop-punk dansante, presque vulgaire, aux refrains tapageurs mais assumés. Tendance ultra sapé et ambiguïté sexuelle affichée comme un concept. Le trio peut autant devenir insupportable que réussir à vous entraîner du côté de The Briefs (surtout dans ces aspects les plus punks).