Du nom du groupe aux gouttes du logo de la pochette, on sait qu’on navigue là dans le bon goût. Et pourtant il serait regrettable de ne confiner Urine qu’à une blague potache instaurée par trois membres de Lab°. Urine serait plutôt le penchant le plus punk / hardcore  de ces trois là qui semblent vouloir se faire plaisir sans prise de tête, renouer avec leur premier amour, loin de leurs projets néo-dub ou noise. Parti du délire solo de Dylan (Lab° / Schoolbus Driver), Urine devient donc un groupe et sort un véritable premier album. 21 chansons (en 24 minutes tout de même) qui font plaisir à entendre. La voix de Dylan, vague cousine de celle de Jello Biaffra, n’y est sans doute pas pour rien. Le bougre se fait plaisir et pousse la chansonnette à tout va. C’est le style qui veut ça. Les influences hardcore 80’s chevauchent un songwriting plus folk-punk selon les morceaux, et l’ensemble, bien que plus affriolant en concert, tient étonnamment la route. A base de trois accords et de rythmiques effrénées (rien d’exceptionnel donc), on sent un songwriting certes simple mais sans faille. Rien à redire. Et surtout, comment pourrais-je résister en voyant ces vieux briscards s’amuser en renouant (sans prétention) avec Dead Kennedys, Hüsker Dü ou Violent Femme ? Impossible.