Le château l’attente est un refuge dans le monde des contes de fée. C’est un endroit où ceux que la vie n’a pas gâté peuvent faire une halte pour se reconstruire : enfants troll, médecin fou, géant orphelin de père, religieuse à barbe ou chevalier à tête de…cheval. Dans ce second volume, Rackham (l’intendant à tête d’oiseau des lieux) et ses ouailles reçoivent la visite de deux nains qui viennent leur demander de l’aide au sujet d’une orpheline. Et Jaine fait une visite guidée du château en vue de trouver des appartements plus grands où s’installer avec Pandar, son bébé.
Je me souvenais avoir trouvé du charme au volume 1 de ce roman graphique au long cours (Linda Medley a commencé à y travailler en 1996) à sa sortie chez Ca et Là en 2007. Certainement sa façon décalée de s’approprier les codes de l’heroic fantasy. Pourtant, si l’auteur a gardé les mêmes ingrédients, cette suite (qui se propose notamment de mettre un coup de projecteur sur le passé de Jaine et d’Henry) enthousiasme moins. Techniquement, il n’y a pourtant rien à redire : le dessin en noir et blanc est irréprochable et le découpage parfaitement maîtrisé. Quant au livre en tant qu’objet (façon grimoire), il est lui-même superbe. C’est juste que l’effet de surprise du premier volume passé, on se lasse plus vite de la verve et des bavardages des personnages. Car comme son nom l’indique, au château l’attente, il n’y a pas grand chose à faire à part papoter. On retrouve bien par moments la truculence des dialogues et des répliques vraiment hilarantes mais la narration souffre globalement d’un manque de rythme. Du coup, la lecture, si elle reste plaisante, s’avère peu marquante cette fois-ci.

(Roman graphique à suivre – Delcourt)