Dès son premier album, Revok nous avait convaincu. Avec ce second disque, le groupe évolue encore tout en gardant sa force et son univers. Sa force, ce sont ses guitares sublimes et pleines de finesses dans cet univers pourtant violemment malsain, ce sont ces compos soignées, s’étirant sans jamais vous perdre. Sa force c’est cet univers sombre à l’excès, presque terrifiant, et pourtant plein de poésie. De ce côté là, les parisiens ont su apprendre de leurs influences sans y perdre leur personnalité. On y retrouve bien la démarche de Neurosis dans cette volonté de faire s’affronter la noirceur du metal, le tranchant de la noise, et une approche plus poétique, mais Revok travaille dorénavant avec ses propres outils. Et le groupe pose son atout dès la troisième piste, avec ce « Tunnel » monumental, et cette guitare répétitive plus oppressante que jamais. « Somewhere between nowhere and goodbye », sur lequel Fab se prend (au début) pour Eugene d’Oxbow, retient aussi l’attention. Et ce ne sont pas les seuls. Autre bon choix, le passage chez Music Fear Satan, tant le nom du label accompagne parfaitement la musique de ces gars là. Difficile de faire mieux. Mais restons objectifs. Cet album a beau être particulièrement réussi, il possède aussi ses petites déceptions. Pour moi, ce sera le son, pourtant tout en force, mais qui oublie la finesse des compositions, et rend ce disque étouffant. De ce côté là, on aurait préféré un son plus claquant, laissant plus de place aux éclaircis et à l’impact des coups. Le groupe a préféré un choix massif, toujours très compressé, au détriment de l’attaque, ainsi soit-il. On ne retiendra pas non plus le chant de la première partie de « To Serve More » qui nous renvoie aux groupes metal dont les clips passaient sur M6 il y a 15 ans… mettons ça sur le compte de l’égarement. Pour le reste, les caverneux Revok nous ont pondu un album impressionnant partageant plus d’un glaive avec Neurosis. Eprouvant (surtout si on lit les textes franchement sombres) mais impressionnant.

(Album / Musicfearsatan)