Kaboul, dans les années 70. Elevés sous le même toit, Amir, fils d’un riche commerçant Pachtoun, et Hassan, un Hazara dont la famille a toujours été au service de la famille d’Amir, sont comme des frères. Malgré leurs différences (Hassan est courageux, débrouillard et fier alors qu’Amir est peureux, davantage attiré par la lecture et les livres), les 2 jeunes garçons se retrouvent souvent autour de leur passion commune : le cerf-volant, quasiment un sport national pour les jeunes afghans. C’est justement au cours du plus grand tournoi annuel de la discipline qu’un événement tragique va rompre à jamais le lien si fort qui existait entre eux. Un événement qui aurait peut-être pu être évité sans la lâcheté et la jalousie d’Amir…

Premier roman de Khaled Hosseini, « Les cerfs-volants de Kaboul » a été un énorme succès critique et public à sa sortie (en 2005 en France) : 23 millions d’exemplaires vendus à travers le monde depuis pour une œuvre traduite en 54 langues ! Le livre a par la suite été adapté au cinéma et il sort maintenant en bande-dessinée pour un résultat aussi mitigé que frustrant.

Frustrant parce que cette histoire d’amitié trahie, de culpabilité et de rédemption, vraiment forte et poignante à l’origine, perd ici beaucoup de sa puissance et de son intérêt. Car la psychologie des personnages, et notamment tout ce qui explique le geste lâche d’Amir, se trouve malheureusement réduit à la portion congrue. Tout comme le contexte historique et civilisationnel (pourtant l’un des aspects les plus intéressants de l’œuvre) de l’Afghanistan des années 70 jusqu’au début des années 2000 avec les tensions entre différents groupes ethniques (Pachtouns et Hazaras notamment), l’intervention soviétique puis l’arrivée des Talibans au pouvoir.

Pour ce travail de commande, on a visiblement demandé au scénariste et au dessinateur (dont le nom n’apparaît d’ailleurs qu’en tout petit au bas de la première de couverture, comme un symbole) de surtout se concentrer sur les grandes lignes de l’intrigue et d’en donner une version graphiquement aussi lisible et claire que possible. On n’a pas laissé la possibilité à Celoni de s’approprier l’œuvre et d’en donner sa propre vision, d’y apporter son propre souffle. Il s’est acquitté honorablement de sa tâche mais le résultat est, du coup, neutre et plutôt lisse. Pas vraiment surprenant quand on songe que l’on trouve le sous-titre « roman illustré » sur la couverture…Dommage en tout cas même si cette adaptation donnera certainement envie à ceux qui ne le connaissent pas encore de lire ensuite le roman.

 

(Roman illustré – Belfond)