Ils sont huit. 8 copains originaires des alentours de Paris, de Montreuil ou Belleville, qui vivent de petites magouilles, cambriolages ou autres entourloupes. A la mort de leur pote Momo (tué par un flic), ils décident de se venger. Non en tuant à leur tour mais en braquant des banques. Car pour les bourgeois, « piquer du fric, c’est pire que faire couler le sang ». A la manière d’une bande de brigands du Moyen-âge (dont l’écrivain Schwob a raconté les exploits dans l’une de ses nouvelles), ils vont se déguiser et se faire passer pour des clients lambda. Le gang des postiches était né…

Depuis « Par les chemins noirs », on sait l’intérêt que David B. porte aux récits de bandits et autres crapules. Avec « Les faux visages », il s’est penché sur l’histoire du fameux gang des postiches. Fruit d’un gros travail de documentation sur le milieu du banditisme français, le récit s’attelle à décrire avec fidélité les origines, les méthodes, les exploits (comme faire 3 casses en une seule journée un jour de février 1981) et tout ce qui a contribué à construire la mythologie de la bande. Objet de fantasmes aussi bien du côté des voyous (beaucoup d’autres gangs ont essayé de copier leurs méthodes) que des policiers, la traque des « faux visages » aura quand même duré 6 ans !

Mais comme l’indique la première de couverture et les 8 visages « découverts » de ses différents membres, David B. a aussi essayé (on aurait d’ailleurs aimé qu’il développe davantage cet aspect) de montrer ce qu’il y avait derrière les masques : les personnalités de chacun, les tensions, les luttes de pouvoir internes qui pouvaient exister mais aussi l’amitié forte qui les unissait et les protégeait.

Un récit plus conventionnel qu’à l’accoutumée (la narration n’a pas l’inventivité d’autres œuvres de David B.) mais plaisant d’autant que la mise en images de Tanquerelle, avec ce dessin dynamique et parfois second degré, est tout à fait adaptée.

 

(Récit complet – Futuropolis)