Le tueur a donc entamé sa surprenante reconversion. Associé à Mariano et Haywood, l‘ancien de la CIA, ils ont réussi à convaincre les cubains de laisser leur nouvelle boîte, Petroleo Futuro Internacional, se charger de l’exploitation d’un gisement off shore au large de l’île pour leur compte. Mais si le gouvernement cubain est parvenu à calmer les chinois (ils leur ont promis qu’ils seraient prioritaires sur l’achat de leur or noir), très déçus de ne pas avoir eu le marché, les américains voient quant à eux ce contrat d’un très mauvais œil. Les énormes rentrées d’argent liées à ce gisement pourraient en effet permettre au gouvernement cubain de complètement desserrer l’étau de l’embargo imposé par ces mêmes étatsuniens depuis l’arrivée de Castro au pouvoir. Et il se murmure que des anticastristes exilés à Miami, soutenus par la CIA, pourraient mener des opérations terroristes contre la plateforme de forage pour contrecarrer les plans cubains…

Ainsi donc se termine le second cycle (que l’on pourrait intituler « cubain ») du « Tueur », qui voit son héros éponyme découvrir que le monde des affaires et de la finance ressemble finalement à ce qu’il a connu jusque là : un nid de vipères qui grouille d’hommes sans foi ni loi capables des plus grandes bassesses et des pires actes par avidité et envie de pouvoir. Et que les raisons soient économiques ou politiques, le tueur va de nouveau devoir faire ce qu’il sait le mieux : éliminer les opportuns et les dangers potentiels. Tout en livrant ses méditations existentielles dont il a le secret, toujours teintées de cette misanthropie habituelle, sur la politique, le mode de vie occidental ou les rapports nord/sud.

Toujours aussi rythmé (« Le cœur à l’ouvrage » mêle, comme ses prédécesseurs, scènes d’action et géopolitique parfaitement crédible) et superbement dessiné par Jacamon, « Le tueur » reste, après 10 épisodes, un must du genre !

 

(Série – Casterman)