Milieu du XXIème siècle, Sibérie centrale. Un individu aux abois est poursuivi par un camion militaire dans une sorte de chasse à l’homme. Alors que les soldats sont sur le point de le rattraper, il implose littéralement. Sa thyroïde est récupérée parmi ses restes épars puis le sol est passé au lance-flammes. 4 ans plus tard, en Europe, à la veille des élections, des manifestations de sans papiers sont sur le point de dégénérer en émeutes. Une escouade de militaires est appelée en renfort. Mais alors que ces derniers ont commencé à intervenir à coups de neurochimiques et d’électros (des tasers du futur qui paralysent le système nerveux central) pour disperser les contestataires, un bâtiment tout proche explose dans une lumière bleue aveuglante puis un étrange objet apparaît au beau milieu des décombres, des corps flottants en train de brûler tout autour. Quelques secondes plus tard, la sécurité intérieure est déjà là pour faire le ménage, enlevant au passage 47 personnes ayant été témoins de l’accident…

Fabrice Néaud –qui s’est fait connaître en mettant l’autobio au goût du jour avec son « Journal » (3 tomes parus chez Ego comme X à partir de 1996)- qui se lance dans une série de science-fiction : le projet avait forcément de quoi titiller la curiosité. Mais si l’attente était importante, le résultat est plus mitigé.

Avant tout, il faut rappeler que ce « Guerre urbaine » n’est que l’épisode d’ouverture de la série et il faudra bien sûr attendre la suite pour pouvoir porter un jugement plus sûr sur « Nu-Men ». Néanmoins, si l’on trouve ici de très bonnes trouvailles narratives (un ton politiquement incorrect bienvenu ; une approche engagée, avec en filigrane une critique des politiques d’immigration de l’Europe ou de la manipulation des populations par le gouvernement, qui a nos faveurs) et scénaristiques (la décimation africaine ou la destruction du continent nord américain), l’ensemble est tout de même assez confus de prime abord. Grand nombre de personnages, termes scientifiques (reboot quantique, Planck, super symétrie…) que le contexte n’aide pas assez à inférer ; portails spatio-temporels permettant à certains personnages de changer de continent (voire de planète) en un clin d’œil : on a quand même un peu de mal à s’y retrouver et du coup à complètement rentrer dans l’histoire.

Au final, on a malgré tout envie de découvrir où Néaud veut nous emmener avec cette planète Terre en plein chaos, ces expérimentations biologiques et ce projet d’homme volant…tout en espérant que les prochains épisodes sauront tout de même gagner en clarté.

 

(Série – Quadrants)