Ghost a mis la clé sous la porte depuis quelques années déjà. Depuis qu’un serial killer a tué un enfant sous ses yeux sans qu’il puisse le sauver. Ghost, c’est John Ghostman, ex-agent du FBI, profileur surdoué, qui vit avec ce poids insupportable sur la conscience depuis. Ou plutôt survit. Mais il y en a visiblement un qui a du mal à accepter son départ en retraite prématuré : Cisaille, un nouveau tueur en série qui en est à sa quatrième victime, une femme attachée au sol à des pitons par les poignets et les chevilles et éventrée, comme les précédentes. Il a laissé un quatrième mot à proximité du corps qui permet de compléter sa question: « Where are you Ghost ? »…

Le flic taraudé par sa conscience qui n’a plus que le whisky pour tenir le coup, l’ambiance lourde et pesante (parfaitement mise en scène par le dessin sombre, très réussi, de Mutti d’ailleurs), les meurtres horribles perpétrés avec cruauté, minutie et morgue, les messages laissés ici ou là sur les scènes de crime par le tueur à l’intention du profileur pour jouer avec lui : « Ghost » a dans un premier temps tout d’un thriller très classique. Oui, sauf que Cajelli nous a réservé une surprise scénaristique de taille qui résiste à toute analyse policière scientifique ou psychologique ! Et qu’il a saupoudré le tout d’une touche de fantastique qui brouille quelque peu la lecture de son « Ghost ». Du coup, le récit, efficace, tient en haleine jusqu’à la dernière page.

Plutôt un bon cru pour la collection Hostile Holster donc, violent et désenchanté comme il se doit, dont la fin est néanmoins un peu trop rapidement expédiée. Une vingtaine de pages supplémentaires lui auraient en effet permis de mieux soigner sa conclusion pour davantage marquer les esprits.

 

(Récit complet – Ankama)