Leatherface.
Crippled Old Farts.

Ça faisait longtemps que je n’avais pas été voir un concert 100% punk rock. Mais il faut dire que ce dimanche soir, l’affiche valait le détour : Leatherface, Lobster Killed Me, Crippled Old Farts et Apostrophe. Deux groupes de copains, et une semi-légende anglaise réussirent donc à me faire sortir de ma banlieue (rouge bien sûr).
Ce sont les parisiens de Lobster Killed Me qui ouvrent les hostilités. Leur album venant de sortir, je suis bien content de les revoir. Ces gars ont toujours eu bon goût. Que cela soit avec les Schlitz (dont on retrouve le guitariste et le chanteur) ou avec Lobster, leur punk mélodique a toujours eu une certaine classe, très loin de toute notion californienne. Et leur nouvel album n’en est que la confirmation.
Bref, ce soir, ils ouvrent devant un public encore clairsemé, et malgré la fatigue, le groupe nous livre une très bonne prestation, passant en revue la plupart des titres de l’album. Une chose est sûre, Lobster Kill Me reste bien l’un des seuls groupes français à savoir encore me parler avec du punk rock mélodique. Rien à redire.

Lobster Killed Me

Changement de plateau. Ce sont les potos de Crippled Old Farts qui enchaînent. Ça fait longtemps que je ne les ai pas vus et je suis content de revoir ces amateurs de hardcore old school sur une scène. Le groupe balance ses petites bombes avec toujours autant d’énergie. Steph, au chant, semble se métamorphoser et lâcher toute sa colère rendant les compos bien hargneuses. Malheureusement, le groupe est dans un petit jour. Je les ai déjà vus en plus grande forme. Ça a du mal à enchainer, ça merde les départs, ça se reprend… c’est pas qu’on est des fous de la précision, mais les petits loupés ont tendance à casser la dureté des morceaux. Dommage. Heureusement, quand c’est parti, le groupe envoie, et là, le truc déroule, sans encombre. On a même le droit à deux nouveaux morceaux toujours aussi bons.

Les parisiens laissent la place à Apostrophe, groupe franco-allemand qui finissait une tournée principalement partagée avec No Nebraska. Le groupe mélange beaucoup d’ingrédients (punk rock à la Hot Water Music, postrock, etc.) mais a du mal à me convaincre. Le guitariste chanteur en fait énormément sur scène, mais ça ne semble pas naturel, presque sur-joué. J’ai beaucoup de mal avec son chant aussi, qui bien que rappelant Hot Water Music, est rarement juste. Du coup, les morceaux instrumentaux passent mieux. Mais c’est le batteur, au fond, qui sauve vraiment la mise. Avec ces faux airs de Philippe Katerine, il donne tout ce qu’il a dans le ventre, sans retenue, offrant une furieuse énergie au groupe. Je me dis qu’il devrait jouer devant…
Apostrophe

Pour finir, ce sont les anglais de Leatherface qui montent sur scène, et ce pour la première fois à Paris. Malheureusement, le groupe a explosé en pleine tournée, et la section rythmique basse-batterie est rentrée en Angleterre. Du coup, on se retrouve avec un duo, guitares-chant. Ok, les principaux sont là, mais tout de même, ça fout les boules. On a donc le droit aux complaintes de l’ami Franckie Strubb, en mode minimale. Les compos prennent un sérieux tournant folk. Adieu l’énergie. A la seconde guitare, Dickie Hammond semble complètement bourré, et lâche quelques réflexions de mauvais goûts. Je n’ai jamais été un grand fan de Leatherface, mais là, la prestation me rend un peu triste. Pourtant, Franckie Strubb est touchant, tant il semble mettre de sa personne dans ses chansons. Le vieil anarchiste, un peu fermé au départ, s’illumine quand le public réagit positivement à ses refrains. Malheureusement, il a beau avoir du talent, le mode guitare-chant devient un peu monotone sur la longueur (un défaut déjà présent sur les albums), et j’ai un peu de mal à tenir jusqu’au bout. Sans doute le moment d’aller prendre l’air. Je reviendrais pour le final, écouter la reprise de Police que les deux anglais lâchent pour finir, avant de définitivement rentrer chez moi… plutôt mitigé.