Troisième signature de la division « rock » de Ninja Tune (Counter), The Death Set réussit le pari osé de réunir une nouvelle fois punk et electro dans un disque aussi jouissif qu’absurde. Le duo américano-australien basé à Baltimore pioche dans tout ce qui se fait avant lui, du punk-hardcore de son adolescence, à l’electro-clash vindicatif, en passant par le plus rigolard Atom and his Package. Le résultat est direct et sans chichi. Ça avance droit et vite, ça braille, et la guitare mouline comme il se doit… Mais si le groupe sait s’énerver, jouant même du coude avec Atari Teenage Riot sur ‘Day in Wife’ (ou Unlogistic à d’autres moments), il se réclame avant tout des Buzzcocks… entendez par là, un amour immodéré pour la mélodie frénétique. Du coup, avec cette touche catchy à souhait, le disque devient rapidement une bombe pour les dance-floor de squatt (et peut-être même de club, c’est si branché d’écouter de la guitare saturée !). En effet, jouant avec l’énergie des groupes punks, The Death Set maîtrise aussi parfaitement les arrangements electro lo-fi (basique à souhait), les groove hip-hop (discrets), et les refrains à reprendre en chœur sous la douche : la porte des club hype ne devrait pas tarder à s’ouvrir (d’autant plus vu leurs prestations live qui semblent très appréciées). On nous a déjà fait le coup, mais les ricains savent garder une frénésie qui les sauve des balourdises hype (même si…). Et pour ne rien gâcher, Johnny Siera et Beau Velasco (les deux têtes pensantes de The Death Set) connaissent les limites de leur délire en ne dépassant pas les 25 minutes pour ce premier album. Pas sûr que le tout survive après l’été, mais en attendant, ce « worldwide » reste tout simplement jouissif.

(Album – Counter)