Quand je découvre, il y a quelques mois, Choochooshoesshoot sur scène, je me dis que le groupe sort du lot. Ils ont beau s’inspirer religieusement de Shellac, et manquer d’un poil de charisme sur scène, je me demande ce que le quatuor donne sur disque. Quelques mois plus tard, le label nantais assouvit ma curiosité en sortant le premier album du groupe (évitez-moi de ré-écrire leur nom s’il vous plaît!). Et là, en 30 minutes à peine, les nantais s’imposent, droits dans leurs bottes, rigides comme un manche de guitare en metal. Le chant de Chrystelle (entre autres) renvoie aux premiers pas d’Heliogabale… entre monologue sombre et énervements flippants, son chant, mixé en avant, donne une véritable ambiance aux morceaux. Mais ne cherchez pas de mélodie ici, vous n’en trouverez pas, et cela ne manque pas. Oubliez les fleurs et l’air pur, le groupe se rêve à Chicago, dans l’enfer urbain du béton et des usines. Oppressant ? Evidemment. Et ce n’est pas le jeu rythmique, millimétré, abrupte, sans cesse coupé, et sans rondeur qui viendra ouvrir une porte de sortie. Il en va de même pour la guitare, tranchante. Ne vous fiez pas au titre de cet album, c’est une immersion en apnée, sans issue de secours, que vous proposent ces quatre là. Pas le choix. Et pourtant, une fois dedans, comme à l’époque des premiers albums d’Heliogabale, on a qu’une envie : aller jusqu’au bout. Oppressant, certes, mais tellement prenant. Ces quatre là tiennent quelque chose. Oh, rien de neuf, mais c’est rare de voir des frenchies le tenir aussi bien. La violence est contenue mais présente, et le chant, bien que linéaire, lie parfaitement le tout. Certains trouveront certainement que la recette est surexploitée ici, sans aucune ouverture, et ils n’auront pas complètement tord tant chaque morceau se ressemble comme un unique tout. Mais le groupe a eu l’intelligence de ne pas dépasser les 30 minutes, ce qui évite la sortie de route pour épuisement. Restera ensuite à voir s’ils arriveront à se renouveler pour un second album, mais en attendant, ne sautons pas les étapes, le groupe vient de sortir un album digne des grandes heures noise. Profitons-en.

(Album – (kythibong)