Du parfaitement rock « Less Than a Moment » au sublime « Bells », les 12 titres de ce « Dyed in the Wool » dévoilent une Shannon Wright au zénith de son talent. Malgré une pochette anodine, cet album regorge de tubes plus impressionnants les uns que les autres. L’image d’une PJ Harvey en grande forme ne peut que venir à l’esprit tant les deux demoiselles partagent cette personnalité ambiguë mais particulièrement forte mélangeant sans distinction fragilité et détermination. Comme cet album, simple et pernicieusement émotionnel, qui nous livre une musique douce comme une mélodie de piano, et frontale comme un mix de Steve Albini. La rencontre entre le masculin et le féminin sans doute. Pour une fois, soignée de sa déception du music business grâce à deux précédents albums solos, l’ex-Crowsdell fait appel à ses amis musiciens pour lui prêter main-forte. Ainsi entourée de personnes à la sensibilité réputée (Jeff Mueller, Jason Noble, Heather Mcintosh, Kyle Crabtree, etc., entre autres membres de, dans le désordre, Shipping News, Calexico, Rachel’s, Rock*A*Teens, etc.), Shannon Wright arrive enfin à dessiner un tableau représentatif de la passion qui la pousse. Guidé par cette voix fabuleuse, l’auditeur n’a, au final, guère de mal à suivre les tourmentes de l’artiste, qui use aussi bien du piano que de la guitare électrique, de l’orgue, de la basse ou de la batterie, pour passer en revue toutes les émotions qui l’animent. Le résultat touche et impose une nouvelle grande dame du rock. Entre sensibilité exacerbée et timidité retenue, ce troisième album de Shannon Wright comporte tout ce que nous pouvions demander à un album d’exception.

(Album – Vicious Circle)