Les amis de Pancho Villa : Tomas Urbino, le copain d’enfance, Calixto, l’indien à qui il apprenait à lire, Felipe Angeles, l’expert en artillerie, et surtout Rodolfo Fierro, dit El Carnicero, le boucher, son bras droit. C’est à travers lui et son destin incroyable (il a accompagné Villa de 1910 jusqu’à sa mort) que Blake et Chemineau narrent ici l’épopée révolutionnaire mexicaine du début du XXème siècle : les premières luttes de Villa sous les ordres de Madero, contre Diaz, puis la création de la division du nord pour combattre Huerta, l’alliance avec Carranza, chef du parti constitutionnaliste puis le reniement de cette même alliance alors que Huerta était vaincu, le rapprochement avec Zapata pour lutter contre le nouvel ennemi : Carranza…Et au milieu de tout cela les gringos américains qui tentent de tirer les ficelles de loin pour protéger leurs propres intérêts !

Pour sa toute première bande dessinée, Chemineau livre avec « Les amis de Pancho Villa » une adaptation très convaincante du roman « Il, Fierro » de James Carlos Blake qui parvient notamment à restituer avec une grande crédibilité toute la violence et la complexité de ce chapitre de l’Histoire mexicaine fait d’alliances, de trahisons, de manigances politiques et de mauvais coups. Très rythmé et parfaitement dessiné (mention spéciale aux apparitions de maman la mort), le récit brosse aussi, en filigrane, un portrait très ambivalent et sans concessions de Pancho Villa et ses amis révolutionnaires : si l’on y sent de l’admiration pour le courage et la détermination de ces hommes, une certaine amertume se fait également sentir quand l’idéal révolutionnaire des débuts finit par se confondre avec le désir de pouvoir, la soif d’or et la volonté de rester entourés de jolies femmes… Un bon cru en tout cas pour la collection Rivages/Casterman/Noir.

 

(Récit complet – Casterman/Rivages)