Contrairement à certaines idées reçues, remplacer un groupe à la dernière minute peut avoir du bon. La preuve ce samedi 21 avril.
J’apprends deux jours auparavant que Berline 0.33 remplace, aux Combustibles, un groupe nommé Joy/Disaster, dont je n’ai jamais entendu parlé. D’ailleurs, à deux jours de ce concert, je n’avais pas la moindre idée de l’existence de cette soirée, ni des quatre groupes qui la composaient. Certains diront que je vieillis… Au moins, grâce à nos chouchous de Berline 0.33, je me cultive.
Bref, je retrouve la petite bande qui est venu soutenir les lillois (alors que que Pneu joue aussi ce jour là à Paris ; autant vous dire que nous ne sommes pas en force). D’ailleurs, on ne connait quasiment aucun visage dans le public. Cela n’arrive pas souvent, mais c’est en fait assez agréable.
Quand nous rentrons dans la salle, 2 SQUARE METERS OF MACHINE finit son set. Duo basse/machine, entre rock synthétique 80’s et techno. Difficile de se faire un avis avec un seul titre.
La seconde découverte se nomme LA LOI, et mélange difficilement rock progressif et fusion. J’en retiendrais surtout des sons à la limite du raisonnable, et un niveau technique difficilement à la hauteur des styles visés. C’est un appel à la désobéissance civile pour moi. Je sors prendre l’air.
Je re-rentre pour BLUE VOID, le groupe punk / postpunk de la soirée. Ce que j’ai entendu sur le net m’a intrigué. Tendance punk ultra looké, avec un chant féminin typé année 80, plutôt bien en place. Sur scène, le quatuor porte toujours la crête de rigueur (sauf le batteur), et la chanteuse semble avoir étudié avec sérieux le style de Siouxsie. Pas si courant de nos jours. Pour ce qui est de la musique, le groupe n’est pas encore aussi expert qu’au niveau du look. Instru punk assez basique, tendance vaguement 80’s, parfois postpunk plutôt débutant. Pas vraiment mauvais, mais pas grandiose non plus. Non, la grande force de ce groupe, c’est sa chanteuse. Si la demoiselle arbore un look très travaillé, elle sait surtout chanter. Mais mes camarades ont du mal avec ses excès. C’est vrai que la miss en fait beaucoup, trop sans doute. Il y a du Siouxsie bien sûr, l’organisateur dit du Kas product, en beaucoup plus punk alors. Ce qui est sûr, c’est que ça me fait plaisir de ré-entendre ce genre de chant typique des années 80. Alors, je fais abstraction de tous ses excès, de ses clichés, et de l’instrumentation un peu limite, et je profite (malgré les crêtes dans le public qui m’empêchent de bien voir).
Mais le vrai moment de joie arrive après. Avec les Berline 0.33. Je me demande comment va se passer la transition ? Et le moins que l’on puisse dire, c’est qu’elle va se dérouler incroyablement bien. Il faut admettre que les lillois sont au top et nous livrent un set sans faille. Compact et puissant comme jamais. Quelques morceaux de leur excellent album « planned obsolence » et pas mal de nouveautés. Le public accroche. Il réagit positivement à l’aspect répétitif de leur musique. Emilie, au chant, semble hantée. La guitare lâche ses ambiances aigües et malsaines (cette approche 80’s qui doit toucher elle aussi le public de ce soir). La basse maintient la pression, hypnotique. La batterie décuple l’énergie. Le public, lui, danse, offrant même son premier pogo au groupe. Mme Reju en fait les frais et finit dans les cordes (deux bleus à zéro), mais l’ambiance reste excessivement bon enfant. Berline en profite, et font durer le set. Ils ont raison. Le public ne lâche pas et s’éclate. C’est beau à voir. Tout le monde est heureux.
Comme quoi, remplacer un groupe à la dernière minute peut s’avérer être une excellente idée. Merci les gars (et les filles).

photo Blue Void (en haut) volée sur leur site
photo Berline 0.33 (en bas) : Agnès Reju