Un peu pour rester avec ses copains communistes et beaucoup pour éviter les ennuis avec la police, Fernand Tormès, jeune provençal monté faire ses études à Paris, s’est engagé dans les Brigades internationales pour aller combattre les nationalistes de Franco aux côtés des républicains espagnols. Sur place, nommé brancardier sur les champs de bataille, son insouciance est rapidement mise à mal par la dureté des combats et l’injustice de la guerre…

Il y a vraiment du Dumontheuil dans l’évocation trépidante de la vie de ce jeune homme ordinaire (mais doué pour se retrouver dans des quiproquos rocambolesques) qui se retrouve par hasard confronté au tumulte et à la violence de son époque (guerre civile en Espagne, montée des fascismes en Europe, guerre qui couve avec l’Allemagne…) alors que lui ne pense qu’à courir après les filles (sans grand succès d’ailleurs). Dans ce dessin vif et plein d’énergie, dans cette façon de faire cohabiter gravité et burlesque (comme dans cette scène étrangement hilarante où Fernand doit ramener de l’eau pour la mitrailleuse à son supérieur) mais aussi dans cette capacité à rendre les personnages attachants.

Et puis sincèrement comment résister à des répliques comme : « C’est par le cul qu’elle s’en va, l’âme. C’est de là qu’on émet son dernier souffle. Alors de savoir ça, ça donne quand même moins envie de faire le héros » ? Drôle, humaniste et touchant à la fois, « Le recul du fusil » est un récit initiatique (cette expérience permettra à Fernand de se découvrir) sympa comme tout.

(Triptyque – Quadrants)