Mars 1945, Marie Delmas arrive en Algérie pour prendre son premier poste d’enseignante à Sétif. Malgré les conseils de son inspecteur, elle est bien décidée à faire respecter un décret promulgué quelques mois auparavant visant à scolariser les français musulmans d’Algérie. Ses idéaux vont cependant rapidement rencontrer leurs premiers obstacles : les paysans, qu’il faut convaincre de l’utilité d’envoyer leurs enfants à l’école alors qu’ils ont besoin de leur aide aux champs ou pour garder les moutons mais surtout les Pieds noirs qui n’ont aucune envie que leurs enfants soient mélangés avec des « indigènes » en classe…

Sur le papier, ce récit avait tout pour plaire : ancien ministre (délégué à la promotion de l’égalité des chances sous le gouvernement de Villepin) au scénario, récit inspiré de faits réels (les parents de Begag sont originaires de la région et Defali s’est inspiré de la vie de l’arrière grand-père, tirailleur algérien pendant la première guerre mondiale, d’un ami) et volonté de rappeler cet épisode tragique de l’Histoire française.

Pourtant, « Leçons coloniales » n’enthousiasme pas. La faute à un scénario tiède et consensuel, qui suggère plus qu’il ne montre et qui a visiblement préféré éviter de complètement rouvrir le dossier « Algérie ». S’il plante (rapidement tout de même car il ne rentre pas dans le détail des relations Pieds noirs/autochtones ou des différentes pensées politiques de l’époque, que ce soit côté algérien ou côté français) le contexte dans lequel les évènements se sont déroulés, « Leçons coloniales » s’arrête en fait au commencement des massacres de Sétif. Même si sa volonté est ailleurs : montrer le conflit sous un angle différent, celui de l’éducation, rendez-vous manqué de la France avec son ancien département, on ne peut s’empêcher de penser que les auteurs ne sont pas allés au bout de leur idée et qu’ils n’ont fait ici qu’effleurer leur sujet, peut-être pour ne pas heurter certaines sensibilités…Dommage et frustrant !

 

(Récit complet – Delcourt)