Si KOURGANE a toujours fait référence aux bêtes à cornes de la forêt dans ses précédents disques, cette fois-ci, le titre lui-même nous met directement sur la voie. Avec ce troisième album, leur art s’élève encore vers des sphères où la répétition mène à l’ascension et où les mots et la musique s’entremêlent à merveille autour de rythmes syncopés et entêtants, étayés par une guitare chaude et abrasive qui se joue des nœuds construits par la guitare baryton et la batterie, jusqu’à l’envolée céleste créée par l’unisson des cordes, vocales ou en nylon. Et cette voix qui ne laisse personne indifférent ? On adhère ou on rejette, mais qu’il est bon de voir et d’entendre un chanteur prendre des risques et jouer avec la langue de façon si peu orthodoxe. Cette prédilection pour les cervidés et tout ce qui tourne autour, fait partie intégrante de l’entité Kourgane et sert à l’élaboration de magnifiques textes déclamés avec force et sincérité, appuyés par cette frénésie punk à la The Ex et toutes ces onomatopées free-jazz que Phil Minton ne renierait pas. De l’ouvrante « Aken » à l’enivrante « Y rester », ces 35 minutes passent trop vite et j’en redemande. Mention spéciale à « Elan1″ qui est encore une de mes chansons de chevet, un an après sa sortie. Ce « Corps De Chasse » nous rappelle combien nous sommes des animaux, chasseurs ou chassés, traversant cette jungle de vie qui nous encercle dans une tension permanente.

(Lp-A Tant Rêver Du Roi)

 

Kourgane : Y Rester