« Where we are », c’est le souvenir un peu fou qu’ont ramené ces deux anciens Fat Beavers (devenu Bitpart) de leur long périple (que nous avions pu suivre sur leur blog) du côté d’Olympia, WA, Etats-Unis. L’aventure s’est donc finalisée avec la réalisation dans l’urgence de cet album. Un joli LP à l’image de ce voyage sans doute. Un album foutraque, enregistré sur l’instant, comme une répétition dans le garage. Un album plein de vie, bien entendu, imprégné par l’ambiance poppy-punky-hippy typique de cette région (celle des labels Kill Rock Stars et K rds par exemple). Mais si le duo français, accompagné pour l’occasion de leur amie américaine, a joué le jeu d’Olympia, c’est plus souvent du côté de Chapell Hill, et de Superchunk, que leurs oreilles ont dû trainer. Cette énergie spontanée, presque juvénile, ce son brouillon, ces mélodies vocales entrainantes (surtout quand c’est lui qui chante), et cet ensemble définitivement pop-punk, il n’y a pas à hésiter, c’est bien aux débuts fougueux de Superchunk que me renvoi ce disque. Dans le cradingue, il y aurait bien une vague ressemblance avec un trio d’Olympia, ce serait avec Unwound et ses débuts plus punk. Pour les références, nous pourrions aussi citer quelques gloires pop-punk comme Hüsker Dü, ou quelques hurleuses riot grrrl.  Mais je dois admettre que quand c’est elle qui chante, j’ai un peu plus de mal, surtout quand elle cri, sans doute parce que la justesse n’est pas son fort. Peu importe, avec ce disque, le groupe a voulu graver un instant, avec ses défauts, ses fausses notes,  et tout le bordel inhérent à la vie, la vraie. Et c’est justement ce qui le rend attachant, loin de toutes ces productions léchées, anesthésiées, et déshumanisées. Avec « where we are », on se sent incroyablement vivant ! Même si parfois, le branlant, et les fausses notes, font mal aux oreilles. Mais on a envie de s’en foutre. Car ces deux (ou trois) là sont bourrés d’idées, et transmettent par la même occasion une énergie rare ; parce qu’ils jouent sans filets, à nu, et qu’ils nous rappellent que la musique, c’est avant tout une histoire de rencontre.

(Maxi 45t* – CornDog/Zone Onze/Et mon cul, c’est du Tofu/WeeWee/Gâteau Blaster)

*c’est devenu suffisamment rare pour le faire remarquer