Comme le représente merveilleusement la pochette, c’est avant tout sur scène (ou devant, puisque, comme leurs amis de Chevreuil, le duo joue dans le public) que la musique de Room 204 prend forme. Une fois couché sur disque, les titres ne s’en sortent pas trop mal non plus mais le manque d’émotions se fait plus sentir. L’enchaînement de combinaisons mathématiques qui a fait la force de Don Caballero se retrouve donc ici avec autant d’émotions qu’un cours de sciences physiques… Et pourtant, la chambre 204 n’est pas du style à intellectualiser son approche. C’est même ce qui différencie le duo de ses grands frères, jamais bien loin, de Chevreuil. Comme eux, Room 204 vient de Nantes, comme eux, le duo se compose d’une guitare et d’une batterie et comme eux le groupe explore un mathrock instrumental… désolé pour la comparaison, je suis sûr que le groupe doit en avoir plein le dos de cette affiliation à Chevreuil, mais elle était obligatoire et au moins c’est chose faite. Mais là où Room 204 prend les devants, c’est justement quand il s’agit de sortir le poignet de force, ranger les disques de jazz de papa et enfin ouvrir les portes au rocker qui sommeille en eux. C’est encore plus visible en concert où la dimension humaine prend de l’envergure, mais la force de Room 204 est bien là : ne pas partir trop loin, rester dans le domaine du rock et de l’énergique, les deux pieds bien sur terre… Alors, les changements de structures et de rythmes sont toujours suffisant pour vous donner mal à la tête, mais avec ce disque les deux sauvageons risquent bien de passer pour des metalleux au pays des jazzeux, et c’est ce qu’on aime ! Et c’est aussi ce qui fait la force de leurs idoles, de Oxes à Shellac. Joli coup les pandas !

(Album – effervescence)