La démo de ce trio de St Etienne, malgré quelques défauts, avait déjà aiguisé notre curiosité, mais avec ce premier album, je n’ai plus aucun doute sur leurs capacités. Bien que le manifeste du Parti soit basé sur une rhétorique connue, régulièrement utilisée entre 1977 et 1981, il se dégage de ce disque une personnalité forte qui le différencie des autres productions. Certes, le trio propose un exercice de style, un hommage pourrions nous dire, tant il se remet dans l’esprit des groupes anglais de la fin des années 70 (Joy Division, Wire, etc.), mais le tout est fait avec une telle agilité, et une telle sincérité qu’on n’y trouve rien à redire. Combien de groupes pillent allègrement Shellac sans que personne ne s’en plaigne. Le Parti lui ne pille pas. Il rend hommage, s’approprie, et digère ses influences. Alors, certes, quelques lignes sont bien à deux doigts du vole, mais Le Parti évite soigneusement le plagiat en gardant toujours sa personnalité, son approche, son humeur. Et le talent fait le reste. Du coup, le jeu des comparaisons devient presque amusant : le chant de tel morceau me rappelle vraiment un tel, la basse ici ressemble étrangement à tel autre, etc. Le Parti met d’ailleurs à l’amende les autres passéistes plus en vogue du label Born Bad… Il enchaîne les tubes avec une classe rare (et un accent digne de ce nom). Petite batterie sèche et basique, guitare à peine saturée, basse répétitive et remarquable, refrains accrocheurs, tout est réuni… pas un faux pas, ou si léger… Par moment, les chœurs nous font même un plaisir immense en jouant les attrapes cœurs mélodiques à la manière des Thugs dont on retrouve une certaine approche dans ce disque. Ce Parti possède définitivement de bons goûts. Et avec cette aptitude pop à trouver des lignes catchy à souhait, il est bien difficile de résister. Coup de cœur.

(Album – facto)