Décidément, j’aurai toujours du mal à cerner ces Liars. Et visiblement je ne suis pas le seul tant le groupe semble insaisissable…Pourtant, j’avais pris une vraie claque avec leur premier album « They Threw Us All… » avant d’être assez dérouté et finalement déçu par « They Were Wrong So We Drowned » et son successeur. Du coup, je m’étais ensuite contenté de suivre de loin (voire de très loin) la suite de leurs péripéties créatrices. Jusqu’à ce que je ne tombe, il y a quelques semaines, sur « N°1 Against The Rush », le single annonçant la sortie de ce nouvel album. Ses effluves new-wave et son chant accrocheur m’avaient donné envie de reprendre des nouvelles du groupe et de voir comment les Liars avaient évolué, espérant secrètement qu’ils étaient revenus à leurs racines rock…

Eh bien ce ne sera pas encore pour cette fois ! Le trio ayant au contraire donné un contour très électro à ce « Wixiw ». Il faut en fait attendre le très Radiohead « III Valley Prodigies » (cinquième morceau de l’album) pour que les guitares, sous forme d’arpèges délicats, ressortent des placards…Et à part un excellent « Flood To Flood », avec sa ligne de guitare hypnotique en intro (très proche d’ un morceau de Quickspace d’ailleurs), un peu plus rock, on restera clairement dans un univers électronique, tantôt drum’n bass façon Third Eye Foundation (« Octagon »), ambient (« The Exact Colour Of Doubt »), dub ou même avec de bons gros beats techno bien mastocs à l’Underworld (« Brats »).

Les 3 américains aiment prendre des risques et se renouveler à chaque album : ils le démontrent une nouvelle fois. Et à part 1 ou 2 morceaux à la limite de la faute de goût, c’est plutôt bien fichu, il n’y a pas de soucis de ce côté-là. Le travail si particulier du groupe sur les voix et ses recherches rythmiques font même de « Wixiw » un album plutôt agréable, avec quelques beaux moments. C’est juste que le langage ici choisi ne nous parle pas plus que ça.

(Album – Mute)