Les Gameboy Physical Destruction sont un peu les petits frères des excellentissimes Binaire. Et ce n’est sans doute pas un hasard si le premier morceau de l’album s’intitule « Trinaire ». Eux, ont encore la morve au nez, et des disques alternos dans leur placard, mais ils grandissent. Ce nouveau vinyle (enfin, pour la promo, je n’ai le droit qu’au CD) marque d’ailleurs une sacrée évolution depuis la dernière fois. Le son s’est injecté de l’EPO à haute dose pour essayer de ne pas se faire distancer par celui de Binaire, et ça leur va plutôt bien. Du coup, quand ils s’essaient sur le même terrain que leurs grands-frères — riffs basiques, boite à rythme quasi techno et gueulante punk avec accent français (!) — ils s’en sortent plutôt bien. Il en va de même pour les quelques essais electro 8-beat (attention, ils sont très rares malgré leur nom) qui fonctionne pas trop mal. Mais parfois, le chant devient lourdingue (en fait c’est l’un des deux chants que je n’aime pas), les riffs moins efficaces, et v’là le soufflé qui retombe. Le groupe a tendance à encore se chercher. Ça reste noise-punk à boite à rythme, mais le duo intègre des riffs stoner, quelques lignes punk à la Clash/Rancid, et quelques autres conneries inutiles. L’équation efficace a déjà été trouvée : elle se nomme Binaire. Quand ils le comprennent, Gameboy Physical Destruction nous pondent quelques bons tubes. Le reste est encore de trop à mon avis.

(LP+CD / Fodi)

Gameboy Physical Destruction : Trinaire