Les premiers albums possèdent souvent quelque chose de spécial, un charme que leurs successeurs n’ont pas : une urgence, une énergie vitale, brute, directe, mêlées  à quelques approximations et autres maladresses… Cette constatation colle parfaitement au premier jet de Zulus.

Comprenant des membres de groupes hardcore de la côte ouest américaine comme Battleship ou Prsms, le trio, désormais basé à Brooklyn, a visiblement eu envie de quelque chose de différent. Rythmes, avec cette batterie aux tendances martiales, primaires (il faut dire que le batteur s’est mis aux fûts pour l’occasion), son caverneux avec, notamment, ces voix systématiquement passées à la reverb, construction des morceaux souvent basiques et guitares, rentre-dedans, qui ne font pas de fioritures : on ne peut pas dire que ces 8 morceaux, très répétitifs, entre garage et post-punk, fassent dans une grande originalité. Mais, balancés en un peu plus de 20 minutes, ils font preuve d’une incroyable énergie et parviennent à créer quelque chose de l’ordre de l’instinctif. Une sorte de cri primale bruitiste, spontané et sombre, sans calcul ni arrières pensées, qui vous titille.

Bon, je ne vous cacherai pas que l’ensemble est tout de même un brin trop compact et monocorde mais il y a vraiment de bonnes choses ici (il suffit d’écouter « Kisses » ou « Vibrations » pour en être convaincu) et on a envie de réentendre ce groupe, peut-être  sur un album davantage pensé et structuré.

(Album –Aagoo Records)