Moins d’une semaine après la fuck-fête excessive du week-end, voilà que le webzine Mowno remettait ça, en invitant pour sa cinquième soirée trois formations noise de choix. Comme une sorte d’avant-goût du festival AfricAntApe de Lyon, ou de consolation pour ceux qui n’ont pu s’y rendre, ce concert permettait avant tout de découvrir (ou de revoir pour les plus chanceux) Big’N, vieux groupe noise des 90’s reformé pour l’occasion.
Mais pour le moment, nous profitons des français de Papaye. Je gardais un excellent souvenir de leur prestation au Rigoletto. Malheureusement, si leur mathrock ludico-parodique tient toujours autant la route, le trio semble moins en forme ce soir. Le groupe perd beaucoup de temps entre les morceaux, JB semble être moins à l’aise avec la batterie, et la folie insidieuse de leurs morceaux n’arrivent pas vraiment à sortir. Le public, un peu froid en ce début de soirée, n’aide pas. Dommage. Reste leurs morceaux, toujours parfaitement exécutés, toujours aussi monu-mentaux, toujours excessifs. Pas de soucis donc, le concert ne sera pas à la hauteur de celui du Rigoletto, mais restera bon. Et au moins, ce coup-ci, tout le monde aura pu les voir.

Papaye

papaye

Big’N
bign
Oxes
oxes

Suivent les revenants de Big’N. Pas mal de spécialistes de la noise des 90’s sont au rendez-vous. Le groupe a l’air content d’être là et balance sa noise répétitive sans retenue. Pas de look, pas de pause, juste un assaut en règle. Tous à l’unissons. Une vision minimale et primitive de ce qu’ont pu faire des groupes comme Jesus Lizard ou Shellac. On oublie toutes les prouesses techniques, comme pour atteindre le riff ultime. Malheureusement, le chanteur, qui souffre d’une extinction de voix depuis leur concert de la veille à Rennes ne laisse quasiment passer aucun son. Il vit pourtant le concert, laissant passer une certaine souffrance, mais nous ne l’entendrons guère. Dommage. Surtout sur une soirée avec deux groupes instrumentaux, nous étions heureux d’entendre du chant (même si ce n’est pas ce que je préfère dans Big’N). Peu importe, je ne connaîtrais pas le groupe dans sa meilleure forme, mais je suis content d’avoir vu cette version 2011, extinction de voix comprise. Rien d’exceptionnel mais une sincérité et une nudité super agréable en ces temps de frime compensatrice. Ça fait du bien. Joli final ultra-répétitif en sus. Seul regret, nous n’aurons pas le droit à la célèbre reprise d’AC/DC (pour cause d’extinction de voix).

Pour les moins spécialistes, les stars de la soirée arrivent maintenant. Il s’agit de Oxes et de leur rock instrumental. Deux guitares, une batterie, même formation que Papaye, si ce n’est que les américains aiment utiliser des boitiers HF avec leurs guitares pour pouvoir se balader dans le public. Cela devient un exercice obligatoire, et nous n’y couperons pas ce soir. Il paraît que le groupe a donné un concert particulièrement mauvais la veille, à Rennes. Espérons qu’ils fasse mieux ce soir. Ça commence malheureusement un peu mollement. Le trio semble se demander ce qu’il fout là. Après la joie perceptible de Big’N, le choc est brutal. Le groupe semble prendre son public de haut. Seul le second guitariste, plus jovial, relève le niveau, heureusement. Il nous dira sa joie de jouer avec Big’N, à qui il écrivait des lettres quand il était ado. Musicalement, le groupe fait son job, et même s’il ne joue pas ses meilleurs titres, il connait son métier. Les fans semblent contents. Perso, je ne retrouve pas ce que j’avais ressenti la première fois où je les avais vus. A dire vrai, je m’ennuie un peu, et le coup des blocs de bois sur lesquels ils montent n’y changera rien. Heureusement, quelques moments m’enchantent quand même. Ce nouveau slow dégoulinant pendant lequel le guitariste joue la sérénade aux filles du public reste par exemple un excellent souvenir. De même que ce moment où l’autre guitariste joue perché sur le bar au fond de la salle (un classique pour ceux qui connaissent Oxes). Nous aurons aussi le droit à l’habituelle sortie de la salle (en continuant de jouer), qui commence malheureusement à lasser. Par contre, l’excellentissime « Half, Half & Half » mettra tout le monde d’accord. Quand Oxes joue du tube, impossible de résister. Dommage qu’il n’y ait pas eu plus de moments comme ça.

photos [cg]

[merci à Mowno pour ce concert]