On commence à y voir un peu plus clair dans « Blue Estate » : l’acteur Bruce Maddox a finalement décidé de se débarrasser de sa femme alcoolique devenue gênante avec l’aide de son garde du corps et amant. C’est précisément au moment où il vient de l’endormir avec une seringue que Clarence, le tueur à gages black envoyé par Tony Luciano, le fils du parrain local, débarque. Bruce Maddox mort, sa femme pourra ainsi avoir accès à sa fortune et lui payer une rançon en échange de la vie de son frère Billy (qu’il a kidnappé après qu’il lui ait refilé un tuyau immobilier véreux), croit Luciano…

A peine 3 ou 4 mois après la sortie du tome 2, voilà déjà la nouvelle livraison de « Blue Estate ». Une prouesse éditoriale fort appréciable qui n’est malheureusement pas sans avoir de contre partie : je veux bien sûr parler de l’hétérogénéité du travail graphique (des dessinateurs différents se sont en effet partagé l’ensemble des scènes) qui peut parfois nuire à la lisibilité (Maddox étant par exemple parfois difficilement reconnaissable lorsqu’il passe d’un crayon de dessinateur à un autre).

Voilà pour le petit bémol. Car pour le reste, c’est toujours aussi solide : le scénario est addictif, le rythme reste hyper vitaminé, le décalage ironique entre texte et image fonctionne toujours à merveille et les citations des séries TV comme les « Sopranos » ou « Dexter », ainsi que les références à la crise économique ou aux stars d’Hollywood, font leur effet de réel. Bref, un roman noir violent et désenchanté comme il faut, qui revisite les personnages du genre –le parrain italien, les hommes de main impitoyables, les petites frappes, l’actrice alcoolique, la bimbo sexy, le tueur à gages- avec un certain talent. En un mot : efficace.

 

(Série en 4 tomes – Ankama)