Voilà un album qui sent bon le cuir, les tatouages et la gomina. A croire que les 5 de The Jim Jones Revue reviennent d’un voyage dans l’espace de quelques décennies et qu’ils sont persuadés que Little Richard et Elvis sont encore vivants !

Vous l’avez compris, on nage ici en plein revival rock’n roll garage. Une sorte de Rocket From The Crypt (en moins punk-rock et sans les cuivres) mâtiné de Nick Cave (l’album a d’ailleurs été produit par Jim Sclavunos, membre des Bad Seeds de l’australien). Emmenés par un piano frénétique au possible, les morceaux ont une pêche incroyable. Et côté chant (bien mis en avant dans le mix), Jim Jones a la verve et le charisme idoines. Bien sûr, parfois il en fait un peu trop avec ses « Come on » ou en forçant sa voix, mais il faut avouer que le bonhomme assure et sait y faire pour séduire les foules.

Un album convaincant qui tire aussi son charme des morceaux sur lesquels on n’attend pas le quintet londonien. Je veux bien sûr parler de ces fugues qui voient le groupe quitter les sentiers battus rock’roll pour aller revisiter, à sa façon, ici une worksong (vous savez ces chansons que les esclaves et ouvriers du sud des Etats-Unis chantaient pour se donner du courage à la tâche), là un morceau au rythme tribal étonnant (« In And Out Of Harm’s Way »), ailleurs un negro spiritual (« 7 Times Around The Sun »).

Ceci étant dit, les gaillards auraient cependant pu nous épargner la ballade mièvre qui clôt ce « Savage Heart »…

(Album/Pias)