Je dois avouer que j’avais un peu perdu de vue Calexico depuis quelques temps. Du coup, « Algiers » était en quelque sorte l’occasion de prendre des nouvelles du groupe…

Dés ses débuts, le duo Burns/Convertino avait un vrai atout pour ressortir de la mêlée indie-folk : son côté latino (Calexico, ville le long de la frontière, pourrait être la contraction de California et Mexico). Quelques années plus tard, cela reste vrai (il suffit d’écouter le très mélancolique « No Te Vayas » ou « Puerto » pour le vérifier) même si cette particularité, moins marquée maintenant, a tendance à s’estomper. Et la personnalité du groupe est désormais plus complexe, plus riche aussi.

Car dans le même temps le duo a étoffé son registre, certainement la conséquence de ses nombreuses collaborations avec d’autres musiciens (comme sur le dernier album d’Amparo Sanchez), l’arrivée de nouveaux membres dans le groupe mais aussi l’expression de sa volonté de ne pas se répéter : les morceaux sont plus subtils et le chant de Joey Burns a vraiment beaucoup progressé et gagné en nuances et en émotion. Tout cela fait d’ « Algiers » un album vraiment agréable, réellement beau par moments, varié, avec ses intonations à la 16 Horsepower (sur « Sinner In The Sea ») ou son tube « Para » et ses délicats arpèges et sa steel guitare en arrière plan. Moins typé et moins surprenant qu’avant peut-être mais avec un savoir-faire intact pour trousser des morceaux inspirés, à la fragilité touchante.

Voilà un duo qui vieillit bien.

(Album/City Slang)