Three Second Kiss, groupe italien atypique. 16 ans d’existence, des disques distribués aux Etats-Unis, des tournées aux côtés de Shellac ou June of 44, une participation à l’ATP festival… et pourtant en 16 ans, les italiens n’auront jamais réussi à vraiment tirer leur épingle du jeu. Toujours aussi peu connus alors que sort leur nouvel album.
Je me souviens, je les découvre avec « Everyday Everyman », leur deuxième album en 1998, avec cette touche à mi-chemin entre Shellac et Fugazi, premier coup de cœur (malgré un chant très moyen, maillon faible du groupe depuis toujours) ; puis il y a les pour-parler avec Prohibited records, la suite chez les américains de Slowdime (de 1999 à 2003)… pour enfin revenir en 2008, après 5 ans d’absence, comme première signature d’un label naissant : Africantape. Arrivée de Sacha à la batterie, album grandiose (Long Distance). Concert tout aussi grandiose dans une cave parisienne devant 20 pelés…
Puis arrive ce « Tastyville », avec sa pochette rappelant étrangement le 45t de la Colonie de Vacance. Three Second Kiss dévie à nouveau. Cherchant à ne pas se répéter, le groupe évolue, simplifie les structures, arrondi les angles, étire ses parties. On s’éloigne du rock brut, les compos deviennent élastiques, les repères confus… Les ambiances développées par le groupe, pas si loin d’une scène June of 44 / Shipping News croisée au libertinage de US Mapple, ont envie de me causer. Le son très live est d’ailleurs du plus bel effet. L’ensemble est difficile à appréhender (plusieurs écoutes sont indispensables pour vraiment rentrer dans ce disque), mais la sensibilité touche juste, comme sur l’excellent « The Sky is Mine« . Malheureusement, la cible n’est pas toujours atteinte : à de nombreuses reprises, les morceaux cèdent. Et le manque de véritables idées fortes se fait parfois sentir. Les plans sont tous plus ingénieux les uns que les autres, les ambiances sublimes, l’idée globale intéressante, mais, cela ne suffira pas à tout le monde. Cet album est très beau et parlera à ceux qui aime faire des détours, mais son refus de resserrer le propos, et cette façon de jouer uniquement sur les ambiances, le rende particulièrement difficile d’accès.

(Album – Africantape)