4 ans que le trio alsacien n’avait pas sorti d’album, histoire peut-être d’être sûr de savoir où Electric Electric voulait aller et de trouver une voie vraiment personnelle. Et, de ce côté là, c’est vraiment réussi car la singularité de « Discipline » est en effet indéniable. Bien sûr on sent que Battles a durablement marqué le groupe (comme beaucoup d’autres d’ailleurs) mais ce mélange de musique électronique, de guitares noise-rock et de rythmes traditionnels ou tribaux n’a pas vraiment son équivalent ailleurs, Electric Electric (que l’on pourrait rebaptiser Electric Electronic pour l’occasion…) démontrant une envie insatiable d’expérimenter et d’explorer les possibles entre ces 3 pôles.

Pour un résultat néanmoins mitigé. Car après un bon début, avec notamment un très inspiré « La centrale », spectrale et sombre à souhait, l’album connaît ensuite un gros temps faible, avec des morceaux mettant en avant des répétitions de motifs et un entrelacement de rythmes frénétiques, cherchant davantage à créer des ambiances, à se rapprocher d’une sorte de transe, à l’instar des sorciers vaudous lors de cérémonies rituelles, qu’autre chose. Des morceaux qui parlent un langage trop abstrait pour que je ne parvienne à rentrer dedans. Et ce n’est qu’avec le très Ulan Bator « xx2 » que « Discipline » me cause de nouveau. Cela concorde, comme par hasard, avec le retour des guitares… »xx1″, son son froid et ses synthés cold wave et « Summer’s Eye », sous influence Aucan, poursuivent l’embellie avant que le soufflet ne retombe de nouveau. Il manque, je crois, un fil conducteur dans cette tentative de retrouver une musique instinctive, un peu primale, qui parle au corps plus qu’au cœur. Dommage. Car du coup l’album reste inégal.

(Album – Africantape/Herzfeld/Kythibong/Murailles music)