PAPIER TIGRE + ELECTRIC ELECTRIC
+ MICHEL CLOUP + 1=0

17.11.12, St Germain en Laye (La Clef)

Se déplacer dans le 78 pour un concert, ce n’est pas un problème en soit, mais quand vous prévoyez de passer près du Parc des Princes un soir de match (Rennes-PSG) pour vous y rendre, les choses deviennent plus compliquées que prévues.
Bref, ayant subis tous les bouchons possibles pour sortir de Paris, nous arrivons avec plus d’une heure et demi de retard sur les lieux. Autant dire que la prestation des locaux d’1=0 restera de l’ordre du mystère pour nous.

Electric Electric

Papier Tigre

Les Nantais vont naviguer quelques dizaines de mètres au-dessus des autres

On arrive tout juste pour la fin du set de Michel Cloup, le gars de Diabologum, puis d’Experience… aujourd’hui, il joue sous son nom… mais en duo… sans doute l’âge d’assumer, de s’ouvrir à l’intime, tout ça. Quand je rentre dans la salle, ça me fait surtout l’effet d’une pignolade conceptuelle. Après deux heures de bouchon, moi, l’intime, j’en voulais pas spécialement. Et la poésie sur fond de post-rock, pas trop non plus. Du coup, après un passage au bar, me voilà de nouveau dehors avec les fumeurs. C’est le moment que le duo a bien évidemment choisit pour s’énerver avec un morceau final plus noise. Histoire de me foutre les boules, Raph Shub me dit que c’était pas mal. Dommage.

Du coup, j’essai d’être dans la salle quand Electric Electric débute son set. Ça fera la troisième fois que je les vois. Et même si les gars ont du talent, je dois avouer avoir beaucoup de mal avec leurs concerts.
Voulant leur laisser une chance, j’essaie de mettre mes aprioris négatifs de côté. Malheureusement, dès le premier morceau, je sens que les strasbourgeois ne vont pas m’aider. Mais pas pour les mêmes raisons que d’habitude. Ce soir le coupable principal sera le son ultra-confus. Du coup, leurs théorèmes mathématico-dance tournent à l’incompréhensible. Je n’entends que le batteur qui bourrine ses fûts sur le devant de la scène. Les boucles de guitare se perdent dans les coulisses, et je me demande toujours si le joli Korg MS 10 du troisième est vraiment branché ?
Bref, difficile de savoir ce que donne le nouvel album sur scène. Pourtant j’avais le souvenir d’un son maîtrisé, de placements soignés, d’une technique imparable… alors que c’est-il passé ce soir (et ne me dites pas que cela vient de la pédale qui à lâché pendant le concert) ? Soit les nouvelles orientations, et les nouveaux effets, ne sont pas gérés du tout, soit le sondier a saboté le concert. Et je ne suis pas du genre à remettre en question le sondier.

D’autant plus que c’est le même qui fera le son de Papier Tigre. Et pour le coup, ce sera du grand art. Les Nantais, qui placent eux aussi la batterie devant, vont naviguer quelques dizaines de mètres au-dessus des autres. Le groupe a des kilomètres de route dans les jambes, et ça va se sentir. Son chaud et puissant, groove imparable, respiration maîtrisée, le trio va une nouvelle fois remettre tout le monde à sa place. C’est que ces trois là ont sacrément progressé depuis leur début. Les morceaux des différents albums vont se succéder, sans fausses notes (ou si peu). Le groupe va s’imposer, sans en faire trop. Avec ce léger manque d’assurance entre les morceaux, comme d’habitude. C’en est presque touchant. Le public, plutôt froid et difficile ce soir, semble avoir apprécié. Du moins, ceux qui sont restés dans la salle. Les autres ont eu sacrément tord. De mon côté, Papier Tigre vient de me sauver ma soirée. Grande classe.