Le personnage de Jérôme Moucherot est apparu pour la première fois dans les pages du magazine (A Suivre) au début des années 80 avant de devenir le héros d’une série à part entière. Quand François Boucq, son créateur, a décidé de changer d’éditeur pour rejoindre Le Lombard, celui-ci lui a proposé de rééditer les 4 premiers tomes. Le dernier de ces épisodes ayant été publié en 1999, l’auteur s’est dit qu’il serait peut-être bon de présenter ce personnage atypique qu’est Jérôme Moucherot aux lecteurs du XIXème siècle ! D’où ce « Manifeste du mâle dominant ».

Le mâle dominant, c’est bien sûr Jérôme Moucherot, grand fauve dans la véritable jungle que notre société est devenue. Et Boucq se propose ici de faire le tour des choses essentielles à connaître à son sujet : un homme déguisé en aventurier, spécialiste de cette espèce iconoclaste qu’est le Moucherot, vient ainsi nous présenter, en quelques coups de projecteur, sa part d’animalité et la façon dont il la maîtrise, sa parade nuptiale et sa sexualité, son don de mimétisme, son habitat mais aussi, bien sûr, sa femelle : la Moucherotte…

Une présentation sympathique…sans être inoubliable. Certes l’univers surréaliste crée par Boucq, qui revisite notre société façon « livre de la jungle » (les individus sont rangés par catégories en fonction de l’animal dont ils rappellent le profil : le requin, le lion…) en partant d’expressions de la langue française qu’il illustre de façon littérale (avoir un chat dans la gorge, un vêtement qui va comme une seconde peau, aller à la chasse aux promos…) de son trait techniquement impressionnant, ne manque pas d’inventivité et surprend souvent par ses trouvailles graphiques mais on attendait certainement plus de Boucq. On sourit bien entendu de ses bons mots et de la façon dont il joue avec la langue mais on aurait peut-être aimé que son humour soit plus corrosif et féroce au lieu de rester bon enfant et finalement assez inoffensif. Divertissant mais pas vraiment indispensable donc.

 

(Série – Le Lombard)