Ralph a enfin réussi à réunir sa famille et à démasquer Malek mais, atteint par une flèche dans le dos, il n’a pu aller au bout de son plan visant à l’évincer du trône une bonne fois pour toutes. Réfugiés dans une cabane isolée dans la montagne, Rosie et Ralph ne tardent pas à échafauder un plan pour vaincre le dictateur définitivement : sa sœur ira rassembler les bleuis qui ne sont pas encore sous l’emprise de Malek tandis que Ralph partira à la rencontre de l’infâme Vom Syrus pour lui proposer de s’allier avec lui. Pour rejoindre l’île où il a élu domicile avec son armée sanguinaire, Ralph et Yassou doivent d’abord se rendre à Octania pour y prendre un bateau. Mais arrivés dans le dit port, la venue des Oracles du Vaticyne et les aspirations démocratiques du Syndicat vont retarder les plans des 2 amis…

C’est avec grand plaisir que l’on retrouve la dernière série d’aventure de Lewis Trondheim avec le début de ce second cycle, toujours aussi inspiré, inventif, drôle et délirant. « T’es un redoutable tueur ou un comique ? » demande Zania à Ralph dans cet épisode. La réponse est les 2 ! Son héros est à l’image de cette série d’heroic-fantasy : violente certes (ça poignarde, ça étrangle, ça éviscère à tout va) mais qui ne se prend jamais au sérieux, avec son dessin léger et facétieux, son humour potache et sa façon de s’amuser avec sortilèges et objets magiques (la petite nouveauté d’ »Un caillou enterré n’apprend jamais rien » est le bracelet de Sashir, qui vous emmène dans la direction vers laquelle on pointe son bras quand on le porte).

Comme à son habitude, Trondheim reprend ici un genre à son compte pour mieux détourner ses codes avec une inventivité et un humour jouissifs. Sans oublier de planter quelques banderilles bien senties : après sa critique virulente des gouvernants (capables de tout pour garder leur pouvoir) dans le premier cycle, l’auteur livre cette fois une charge en bonne et due forme contre la religion et la façon dont ceux qui sont censés la servir l’utilisent pour berner naïfs et ignorants afin de s’enrichir. Une grande série, tout simplement.

 

(Série – Dupuis)